Amfar et ses drôles de dames, l'Amfar et la Porsche jaune de la Sharon complètement Stone mise aux enchères, un vent féminin soufflait sur les hauteurs de Mougins avec le Sida dans le collimateur des donateurs, avec un coup de fourchette gravitant autour des 5 000 euros, voire plus si bouchées supplémentaires. Jeudi, le projectionniste attitré du palais a déroulé et rembobiné les 7,4 kilomètres de pelloche du Che, soit 18 bobines. Sur les coups de 19h59, un coup de folie se met à cogner les neurones. Et si on faisait la java, et si on partait en goguette on the Croisette. Just for the fun.
Pour se changer les idées, se vider la caboche, planer. Décision est prise de tenter de forcer des entrées. Premier objectif, la plage Martini. Un mastard ne parvient pas à nous dissuader, un coup de baragouinage en simili polonais du sud avec des accents de sénégalais du nord et le tour est joué. Ni vu, je t'embrouille. Donc descente des escaliers et tout droit vers le bar. Le préposé aux mixtures est couleur fraise, comme les cocktails en vogue. Un vieux reste de coup de soleil sans doute. Pas farouche pour deux marshmallows, il remplit un verre.
A côté, Mélanie Laurent parle de son désir de convaincre Natalie Portman de jouer dans son film.
Sa robe est en tulle, légère, un souffle et le bas s'envole. On tente une incursion, se propose de jouer l'intermédiaire. Mélanie sourit. Les sonorités étrangères testées avec le cerbère avalées, la conversation se poursuit. Mélanie semble aux anges. Chaque question, chaque propos sans contenu, sans tenue, reviennent avec des réponses sonnant comme des ravissements pour les oreilles. La conversation dure, prend des tournures de confidences. En dire plus relèverait du pénal, de la correctionnelle. Un sixième Martini plus tard, le courant a disjoncté. Les mots parviennent dans un désordre absolu, farfelu. Difficile de poursuivre sans tomber dans l'impolitesse. Un coup de tête, enfin un mouvement de tête allant du haut vers le bas, et bye bye.
L'air de rien les aiguilles ont tourné. Il n'y a pas qu'elles, la tête aussi vacille. Mais le scooter connait son chemin. Cap sur une plage très privée. Le DJ est un as des platines. Son nom? Connais pas. Sa taille ? On s'en moque. Sur la piste c'est comme entrer dans la caverne d'Ali Baba du cinéma : Salma Hayek se déhanche façon latinos. Tarantino vocifère, gesticule, se croit toujours en train de donner sa leçon de cinéma. L'intro de Pulp Fiction démarre et tous de crier, hurler.
A portée d'index approbateur, Arta Dobroshi, la divine héroïne des désopilants Dardenne brothers. Les regards se croisent, il y a comme de l'électricité dans l'air. Et si on en profitait pour la brancher. C'est fait. Dix minutes plus tard, elle vous raconte sa vie, parle de la manière dont bat son coeur, pour qui. Les rougeurs de la timidité apparaissent, non pas sur elle mais sur le visage de votre serviteur. Et puis au diable les complexes. Un mouvement de bassin enflammé et nous voilà à danser, comme des excités, comme des gamins. Les Beach Boys font péter Surfin