Thierry Henry écarté par les Bleus

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Ca y est, les Bleus commencent à parler ! Hier soir, Thierry Henry, Eric Adidal et Patrice Evra y sont allés de leur analyse concernant les mésaventures de l'équipe de France.

On commence avec Patrice Evra. Le capitaine des Bleus lors des deux premiers matches s'est exprimé hier après-midi pour pas grand chose. Lui qui avait promis des révélations a refusé d'accuser qui que ce soit expliquant : "La raison d'un tel fiasco est sur un plan sportif, après, trouver les responsables, personne n'est assez lucide pour dire ce qu'il s'est vraiment passé parce que la cicatrice est ouverte et on a tous mal à l'heure actuelle. Il y a eu ce fiasco, on est vraiment désolés et abattus, mais je pense qu'il faut relever la tête et voir l'avenir venir." Certes cette fameuse grève était un "geste maladroit" mais un geste solidaire - autrement dit, pas de bagarre dans le bus. "Ca a été une décision du groupe, et quand il y a eu ce moment d'hésitation de pouvoir descendre du bus, le groupe est resté uni jusqu'au bout, personne n'a voulu descendre du bus", a-t-il répété.

Le seul moment où il s'en prend à Raymond Domenech, c'est quand il évoque la conférence de presse qui a précédé le match contre l'Afrique du Sud : "Ca a été vraiment un moment très difficile à vivre pour moi et surtout pour l'équipe. C'est la première fois de ma vie que j'ai été interdit de la liberté d'expression (sic). Là, on ne parle plus de Patrice Evra mais du capitaine de l'équipe de France, de tout un groupe. Je devais me présenter à la presse pour faire mes excuses de ce geste maladroit, et avoir eu cette interdiction, on dépassait tout, ça a beaucoup fait mal. Les Français auraient eu ce besoin d'entendre." Il précise que le sélectionneur n'a donné aucune explication sur cette interdiction mais en même temps il devrait avoir l'habitude, Domenech n'explique jamais rien...

On passe à Eric Abidal qui a profité de son passage au 20h de TF1 pour réaffirmer son soutien à Nicolas Anelka : "Nous étions un groupe solidaire, aussi bien dans les bons que dans les mauvais moments. S'il y avait bien un mot à retenir, c'est solidarité. Solidarité envers Nicolas Anelka." Quant à l'épisode de la grève, voilà ce qu'il en dit : "Il y a eu plusieurs hypothèses, celle qui a été choisi était la grève (…) Le groupe avait pris une décision. Personne n'a été forcé de rester dans le bus. Le groupe était solidaire (…) Je ne sais pas vraiment s'il faut regretter même si on a certainement déçu les supporters français. Mais ce qu'il faut retenir, c'est la solidarité du groupe (…) Je n'ai pas ressenti de tension dans le groupe. Il vivait très bien. C'était un peu une famille. Les joueurs ont simplement démontré leur mécontentement. Au final, l'élimination est douloureuse pour tout le monde, surtout pour les joueurs (…) L'image qu'on a dû renvoyer au public n'a pas été bonne. On n'y a pas forcément pensé sur le coup. On n'a pas montré le bon exemple (…) Les journalistes ont aussi écrit des choses qui ont affecté le groupe". En gros, la même chose qu'Evra.

Thierry Henry a lui un son de cloche un peu différent. Il commence par l'épisode des insultes dans les vestiaires : "On devait montrer notre soutien à Nicolas. Les mots qui sont sortis dans L'Equipe ne sont pas les mots que Nicolas a dits. Ce qui me frappe, c'est cette Une. J'étais dans les vestiaires et je n'arrivais pas à entendre ce que Nico disait. Il ronchonnait, il marmonnait. La personne qui a rapporté ça aux journalistes, quel pouvoir d'écoute a-t-elle ? Je pensais que ça ne se passait que dans les films ce genre de choses. Je sais ce que Nico a dit mais ce n'est pas à moi de le dire." S'il rejoint ses deux camarades sur le caractère unanime de la grève, Thierry Henry n'a pas vu ce groupe uni et s'est même senti mis à l'écart : "J'aurais pu être le grand frère. Je ne l'étais plus. Je me suis senti écarté. Peu importe par qui. On ne me parlait plus comme avant. Chacun a ses raisons. Je ne suis pas là pour faire des règlements de comptes. Avant on me parlait plus, j'étais sur le devant de la scène. Quand on n'a plus de crédibilité dans un groupe, ça devient difficile. La fierté d'un homme en prend un coup".

Quand Michel Denisot l'interroge sur la différence entre le génération 1998 et cette équipe 2010, Henry répond sans détour : "Il y a un tel écart ! Quand je suis arrivé en équipe de France, j'attendais de voir où les anciens s'asseyaient à table et dans le bus avant de m'assoir. A Monaco sous Jean Tigana, je ramassais les ballons, les sacs. Ça, ça n'existe plus. A la limite, c'est moi qui dois porter les sacs. Il n'y a plus ce respect envers les anciens." Par contre, Henry retrouve sa langue de bois dès que son entretien avec Nicolas Sarkozy est évoqué : "On nous a mis en contact. Ça s'est très bien passé. On a parlé de football, d'un peu de tout."

Il conclut en réaffirmant son amour pour le maillot flanqué du coq et en encourageant les Français à continuer à soutenir les Bleus : "Que les gens n'arrêtent pas de supporter l'équipe de France. Ce fut un honneur de porter ce maillot. J'ai toujours eu un frisson sur le terrain, en entendant la Marseillaise. J'en aurai toujours en supportant cette équipe, en allant la voir jouer."


 
 
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