Jessy Matador, véritable soukouss electro !

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Jessy Matador, véritable soukouss electro ! Voir les photos Photo:DR

Après Afrikan New Style, Jessy Matador nous revient avec un deuxième album, Elektro Soukouss, après avoir représenté la France à l'Eurovision. Voilà donc bien des excuses pour papoter en tête à tête avec l'auteur de Décalé Gwada !

 

Pourquoi avoir intitulé ton album Elektro Soukouss ?

"Elektro Soukouss parce que déjà, le soukouss, c'est un style musical qui vient du Congo, qui vient de chez moi, qui date des années 80, et Elektro Soukouss parce que c'est un peu à la mi-parcours entre l'Afrique et l'Occident, sachant que ce deuxième album est plus club que le premier. Ce qui est dans la continuité, c'est l'esprit festif, l'esprit de partage. Ce qu'il y a de différent, c'est que le premier album était plus axé afro-Caraïbes et là, c'est la deuxième phase, plus electro, plus ouverte sur les sonorités actuelles."

Est-ce que cette ouverture sur de l'electro te ressemble toujours ?

"Ça me ressemble mais ça surprend. Dans le bon sens. Je pense que les gens ne s'attendent pas à ça. Quand ils écoutent, ils sont surpris. On m'a collé une étiquette d'artiste de chansons pour l'été, le soleil, et là, ils voient que c'est beaucoup plus que ça."

C'est toi qui a représenté la France à l'Eurovison cette année. Peux-tu nous expliquer comment ça s'est fait ?

"C'est France Télévisions qui a contacté mon label car ils devaient être partenaires sur mon premier album mais hélas, ils ont travaillé avec d'autres artistes du label. Là, ils ont pensé à moi pour l'Eurovison, ils se sont dit que ça pourrait être bien d'avoir un artiste assez festif, pour amener une autre dynamique, faire quelque chose qui n'avait jamais été fait. C'est un gros risque qu'ils ont pris. On m'a fait la proposition et j'ai accepté parce que c'est l'Eurovision quand même et ça ne se refuse pas."

Qu'as-tu pensé de la polémique qui a fait rage concernant Allez Ola Olé, le fait que les paroles n'étaient pas en français etc... ?

"Ça m'a fait rire. D'abord, je comprends la frustration de certains car tout le monde n'aime pas ma musique ou ce style de musique-là. Mais c'est vrai que l'Eurovision, c'est un peu une institution et dès qu'on change un truc, c'est 'oh non, faut pas'. Donc je comprends l'anxiété que certaines personnes ont pu avoir. En revanche on ne peut pas dire que ce n'est pas en français, car je pense que si on prend les paroles, si on les lit, il n'y a même pas une syllabe qui n'est pas en français. Je l'ai fait exprès car je savais qu'on allait m'allumer sur ça donc on a vraiment tout mis en français. Les gens ont commencé à critiquer avant même de connaître la chanson mais ça fait partie du métier. Je n'ai pas fait attention à ça. Je savais ce que j'avais à faire. Ça peut plaire comme ça peut ne pas plaire mais j'y suis allé, c'était un gros challenge. Ce que j'ai appris là-bas, c'est que chaque artiste présent était déjà une star dans son pays, tous les morceaux avaient déjà eu trois mois de promo. Mon morceau, en France on ne le connaissait pas, on l'a connu à l'Eurovision, c'est après qu'il a explosé. Lena, elle a gagné la Nouvelle Star en Allemagne. Moi c'était un double challenge, représenter la France mais avec un nouveau style de musique, et il faut bien se classer. Je suis rentré la tête haute, je n'ai pas de regret si ce n'est le fait que les médias français ne m'ont pas suivi. Ils se sont intéressés à l'Eurovision quand je suis rentré : 'Ah, c'était bien mais il y a eu une polémique, pourquoi t'as fini que 12e ?' C'est au début qu'il fallait être là. Mais ça va changer les mentalités parce que l'Eurovision, c'était devenu un peu kitsch en France, ce qui est dommage parce que c'est énorme, c'est vraiment bien. Ça va changer les mentalités, que ce soit celle de la presse ou de l'opinion publique."

Un titre qui te tient particulièrement à cœur sur cet album ?

"Je dirais Kariyimha. Quand je fais un album, après je ne l'écoute plus, j'en ai plein la tête, je ne peux plus l'écouter. Mais ce morceau je prends plaisir à l'écouter, j'aime bien."

 

Est-ce que ta vie ressemble à ta musique, une fête permanente ?

"Dans la vraie vie, les gens sont souvent surpris quand ils me connaissent parce que l'image que je peux dégager n'est pas la vraie. Certains peuvent me voir orgueilleux, hautain... Ce n'est pas du tout ça. Déjà pour moi, c'est dur d'être black dans la musique en France, pour plein de critères... Il faut toujours se battre et à la moindre relâche, on perd tout. Je me dis que maintenant que ça marche super bien, je pourrais relâcher. Mais pour moi, on n'est jamais arrivé, je suis un éternel insatisfait. Je pense que c'est aussi ce qui me permet d'avancer, je me remets toujours en question."

Si tu devais nous recommander cinq titres pour faire la fête ?

"Je dirais Wati By Night, Sexion d'Assaut, je dirais Shakira, Waka, Waka, L'Algérino c'est pas mal aussi dans un autre genre. David Guetta et Fergie et puis Stromae, Alors on danse."


 
 
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