Rudo et Cursi : Aïe Caramba !

le - Diego Luna

Difficile de ne pas imaginer qu'au-delà des apparences de fiction se dissimulent des aspirations plus personnelles. Les frères Cuaron échangent leurs rôles le temps de Rudo et Cursi : Carlos s'approprie le poste de réalisateur tandis qu' Alfonso choisit d'investir dans ce premier long-métrage familial.

Il semblerait que le principe de la symétrie inversée constitue le fil directeur du film, dans un jeu de miroirs déformants et de perpétuelles oppositions. Associer la thématique biblique de la rivalité fraternelle au sport le plus populaire qui soit - le football - paraît aussi naturel que judicieux. Le cinéaste place effectivement l'humain au cœur du récit, en prônant son aspect primaire, son animalité persistante, dans une lutte acharnée, superficielle et éphémère pour la gloire.

Gael García Bernal, comédien au talent incontestable, apparaît pour la seconde fois, après les Amours chiennes du grand Iñárritu, dans la peau d'un frère déchiré entre passion et loyauté. Ce dernier avait remporté, ex-aequo avec son comparse à l'écran Diego Luna, dont la vocation n'est plus à prouver, le prix Marcello Mastroianni à la Mostra de Venise. Ils présentaient alors Y tu mama tambien d'Alfonso Cuaron.

La complicité des acteurs guide la trame narrative, dote le film d'une aura particulière, les deux benêts parvenant difficilement à se détacher du sein maternel, à s'extraire de l'enfance et à se défaire de l'absence de figure patriarcale, désespérément pendus aux basques de leur mentor.


News réalisée en collaboration avec Touleciné.com.


 
 
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