"Date limite" : attachez vos ceintures !

le - very bad trip
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Highman est un homme comblé : plus que quelques jours et sa femme donnera naissance à leur premier enfant. Il n'a qu'à rentrer à Los Angeles pour assister à l'accouchement. Seulement, c'est sans compter sur un obstacle de taille nommé Ethan Tremblay, un excentrique avec lequel il est finalement forcé de voyager en voiture. Les voilà partis sur les routes à travers tout le pays, pour le meilleur et surtout pour le pire...

Si la comédie fait mouche, c'est avant tout grâce à ses deux interprètes principaux. Tout repose sur l'opposition absolue des deux voyageurs. Highman (Robert Downey Jr) est l'archétype du cadre stressé et irritable, c'est une véritable boule de nerfs qui ne demande qu'à exploser. Ethan (Zach Galifianakis) est tout l'inverse : homme-enfant constamment déconnecté de toute réalité, rien ne semble pouvoir l'atteindre. Les comédiens jouent impeccablement de cette non-alchimie totale. Downey Jr. est tout en tics et mimiques de consternation tandis que Galifianakis, lui, semble constamment ailleurs, et aligne les répliques les plus absurdes avec le plus grand calme. De ce duo mal assorti naît une sorte d'anti-buddy movie, où le moindre geste de l'un ne fait qu'exaspérer l'autre.

Comme tout bon road-trip, Date limite regorge aussi de personnages secondaires truculents qui ne font que compliquer les choses. Des encouragements du responsable de l'aéroport ( "Vous savez, Forrest Gump a traversé tout le pays en courant, et il était plutôt stupide. Vous pouvez y arriver") à l'altercation avec un guichetier colérique ( Danny Mc Bride, l'un des meilleurs seconds rôles), toutes les rencontres au cours du voyage apportent systématiquement de nouveaux gags délirants.

La volonté de Todd Phillips est claire : exploiter à fond le potentiel comique de Zach Galifianakis, que Very Bad Trip a révélé, sans pour autant le mettre particulièrement en avant. C'est à la fois la force et la faiblesse du long-métrage. En voulant donner de l'épaisseur au personnage, le scénario tente d'expliquer rationnellement son excentricité. C'était l'erreur à ne pas faire, car le film perd alors ce grain de folie que l'acteur possède naturellement. C'est le cas à chaque scène d'émotion, lorsque Ethan parle de son père décédé ou quand Peter évoque le sien, parti très tôt du foyer. Sans être franchement ratés, ces courts instants ne s'intègrent que très mal au ton général du film, signe que le réalisateur n'est pas dans son élément. D'ailleurs il conclut toujours ces intermèdes par un retour radical au comique. De plus on a parfois l'impression d'assister à un one-man show de Galifianakis plus qu'à autre chose. Mais d'un autre côté, difficile de se plaindre devant une telle source d'hilarité.

La comédie atteint son but, mais on sent que Phillips, se reposant entièrement sur sa paire de héros, a été moins rigoureux sur l'enchaînement de l'histoire, plus intéressé par la mise en valeur de celui qui est bien parti pour être son acteur fétiche. Un ton en-dessous que son précédent opus donc, mais une excellente mise en bouche pour Very Bad Trip 2.

News rédigée en collaboration avec Toutleciné.com.


 
 
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