"Tron, L'Héritage" en dessous de nos espérances

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En 1982, TRON avait émoustillé la planète geek. Usées jusqu'à la moelle, les VHS tournaient alors à plein régime dans le salon parental. Vingt-neuf ans plus tard, sa version 2.0 sort enfin en salles et aurait mérité un reboot afin de corriger certains bugs de la matrice.

Sam Flynn est un jeune homme rebelle de 27 ans. Hanté par la disparition de son père, Kevin Flynn, qui fut autrefois le meilleur créateur de jeux vidéo du monde, va se retrouver aspiré dans un monde de redoutables programmes et de jeux mortels, celui-là même où son père vit enfermé depuis vingt ans. Aidés de la farouche Quorra, père et fils vont s'engager dans un voyage périlleux...

Sam, je suis Sam

Tourné par Joseph Kosinski, qui signe ici son premier long métrage, Tron L'Héritage s'appuie sur une caution de marque, avec la présence de Steven Lisberger, le cinéaste visionnaire de TRON nommé à la production. "Après avoir exploré plusieurs pistes, nous tenions enfin une bonne histoire, une histoire qui s'inscrivait parfaitement dans l'air du temps", affirme-t-il. Et c'est justement là que le bât blesse. Scénarisé par Edward Kitzis et Adam Horowitz (issu des séries Lost et Les Frères Scott), la séquelle se concentre sur la relation père-fils et adopte le point de vue naïf du jeune Sam afin de faciliter l'identification auprès du spectateur. Mais ce dernier n'est pas dupe. Si la majorité des codes visuels ont été mis au goût du jour avec un certain savoir-faire, les ficelles scénaristiques simplistes, doublées d'une morale convenue attisent le scepticisme du spectateur. Et quid de la figure christique de Kevin Flynn Dieu le père tout-puissant ? Vue et revue, la métaphore manque d'envergure et sent le marketing à plein nez.

Tron, c'est trop

Comme Steven Lisberger se plaît à le souligner : "Quant à ceux qui n'ont pas vu le premier film, ils peuvent aussi aller voir Tron L'Héritage, ils trouveront l'histoire tout aussi passionnante puisque le film fonctionne parfaitement seul". Car avant d'être une suite, Tron 2 apparaît surtout comme une version 2.0, destinée à recréer une génération entière de fans et à s'affranchir vite fait de TRON en faisant ressurgir Kevin Flynn (Jeff Bridges, inégal) et en recréant les éléments de décors du premier pour satisfaire les fans et passer illico à la suite en redonnant un coup de jeune à l'ensemble. Le tout, ni vu ni connu. Voilà qui n'est pas sans nous interpeller. Car la gageure était bien là : s'adresser à deux types de spectateurs : le converti et le néophyte. Et à force de vouloir jouer sur les deux tableaux, la machine tourne en rond tel un disque-boomerang rayé. L'artillerie marketing accompagnant l'ensemble, à coups de jeux vidéos, livres et autres expériences en IMAX ne viendra que confirmer nos craintes...

Tron en héritage

Si TRON était novateur, révolutionnaire, avant-gardiste, etc., Tron L'Héritage n'est pas en reste. Le film, associant prises de vues réelles et images virtuelles photoréalistes, s'invente une esthétique visuellement bluffante. Evoluant en 3D, le monde de Tron va au rythme de la lumière. Entre les combinaisons rétro-éclairées et les rubans de lumière qui se forment sous les rues pour s'élever vers la ville, le spectateur ne pourra bouder son plaisir face à un spectacle aussi captivant. Faire fi du scénario et du jeu un peu mollasson de Garrett Hedlund pour plonger dans un univers visuel fascinant, tout en s'imprégnant du design sonore crée par Daft Punk et contempler les formes généreuses d'Olivia Wilde, voilà les quelques conseils avisés que nous vous soumettrons avant de vous diriger vers les salles obscures... On vous aura prévenus.

News rédigée en collaboration avec Toutleciné.com.


 
 
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