Aimer tout en conservant sa liberté

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Aimer tout en conservant sa liberté Photo:DR

"Je veux faire ma vie avec toi, mais je reste chez moi...". Combien sont-ils, les vrais couples qui durent, qui "tiennent" comme on dit, tout en tenant aussi à leur indépendance comme à la prunelle de leurs yeux, en conservant chacun leur appartement des années après leur rencontre ? Peu nombreux, selon les statistiques. Mais ils existent. Et sont parfois célèbres...

Michèle Morgan et Gérard Oury, plus de quarante ans de mariage, n'ont jamais habité ensemble.
Après la naissance de Danièle Thomson, auteur de "La bûche", et fille de Gérard Oury, le couple a continué de faire "appart' à part". "Avec Gérard, nous avons choisi le bonheur à deux en préservant notre liberté individuelle", ont expliqué les plus beaux yeux du cinéma français. Toujours chez les "people", Thierry Ardisson a installé sa famille en Normandie, mais lui passe toute la semaine à Paris... Ce cas de figure se rencontre surtout aujourd'hui parmi ceux qui ont déjà cohabité lors d'une première union, et veulent "respirer" au moment de refaire leur vie. Souvent, ils font sourire leurs amis, qui se moquent de leur réticence à s'engager. Ils font envie aussi, parce qu'ils veulent le beurre et l'argent du beurre: la sécurité affective et l'indépendance. Les petits câlins et les petites soirées tranquilles chez soi sous la couette, sans discussion qui s'envenime sur le programme télé ou l'agacement face aux tiraillements inévitables du quotidien. Certains sont des forcenés de l'indépendance absolue, comme Suzanne, 40 ans, parisienne et brièvement mariée, qui refuse de s'installer avec son compagnon vivant lui à Marseille: "Je suis heureuse quand il arrive, mais aussi quand il repart. Ca dure depuis dix ans. Je l'adore, mais j'ai besoin d'une île déserte à la maison", convient-elle. D'autres revendiquent le droit à plusieurs vies, comme Martin, 45 ans, qui n'a jamais vécu à temps complet avec sa femme et ses deux enfants. Il a conservé son bureau appartement, et les rejoint le week-end. "Je veux conserver une certaine liberté, à tout point de vue. J'ai toujours été clair là-dessus", note-t-il. Cette cohabitation à géométrie variable devient alors une sorte d'arrangement entre deux parties.

Loin des yeux, près du coeur !

Mais cela n'exclut nullement la passion et l'engagement. Dominique, 43 ans, 2 enfants, s'est séparée de son mari après une quinzaine d'années de vie commune. Son nouveau compagnon vit à Lille, elle à Paris. Leur implication dans leurs métiers respectifs rendrait difficile un rapprochement. "Mais je ne le souhaite pas", confie Dominique. Ils passent donc aussi souvent que possible les week-ends ensemble, ainsi que toutes les vacances. Depuis 3 ans, leur "système" les satisfait pleinement. Ils n'ont nullement l'impression de vivre une passion au rabais, bien au contraire : "La rencontre n'a pas de prix. Sa qualité prime sur l'organisation éventuelle au quotidien de ce lien. Bien sûr, il y a des manques. Mais quand on se parle deux fois par jour au téléphone, on se raconte le même quotidien que si l'on vivait ensemble. J'apprécie, à mon âge, d'avoir du temps pour moi où je suis seule. Il n'y a plus la dimension du devoir. Je préfère la frustration liée à l'absence de l'autre, qui n'éteint pas le désir, à la frustration liée à sa présence... J'aime beaucoup l'idée de pouvoir faire des choses en mon nom, sans être systématiquement invitée en tant que couple. Il y a une dimension extrêmement précieuse à la présence de l'autre. Se voir, c'est toujours un cadeau". Et se voir moins, ce n'est pas forcément s'aimer moins.

 
 
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