Une coupe courte à la garçonne pointée de féminité grâce à un cou fin et gracile, une peau laiteuse, des yeux plein de rires, de jeunesse et de maturité mêlés, Mia Wasikowska est la perle du dernier long-métrage de l'Américain Gus Van Sant. Associée au fils de Dennis Hopper, Henry, elle forme un duo tendre, drôle, touchant, bourré d'une éclatante luminosité malgré le sombre du sujet.
Un récit tragique…
La jeune Annabel est atteinte d'une tumeur au cerveau et n'a plus que trois mois à vivre à tout cassé. Enoch lui, a perdu ses parents dans un accident de voiture et se passionne pour la mort en causant avec un fantôme nippon et en s'introduisant régulièrement dans des enterrements. Ces deux ados se rencontrent, chacun retrouve le goût de la vie à travers l'autre mais on sait leur histoire condamnée. Un tableau tire-aux-larmes vous dites-vous ? Ce serait méprisé le talent et la subtilité de Gus Van Sant.
Qui a pourtant tout d'une ode à l'espoir
Une extrême intensité transpire de cette histoire d'amour, fatalement induite par un caractère que l'on sait éphémère, et balaie l'écueil du trop-plein de patos. Au contraire, l'espoir fait luire la toile : ces deux-là semblent défier la mort alors que leur love story est gangrénée dès le départ par la faucheuse. Peu importe, ils n'ont jamais été si vivant et s'il vous prend de vous appitoyer sur leur sort, le sourire et le charme de Mia sont là pour vous l'interdire.
Dire qu'on avait une pointe de mépris pour ce jeune Baudelaire des temps modernes, un temps caricatural avec sa mèche blonde et sa fascination pour l'au-delà qui le tirait vers un spleen constant à l'image de l'état que l'on associe souvent aux adolescents. Et une pointe d'agacement aussi pour cette jeune fille malade qui souhaite connaître l'amour et se ballade dans des cimetières en tenues vintage. C'était sans compter sur la grâce de la caméra de Gus Van Sant qui réussit le pari de nous faire voir au-delà du classique rapport entre la jeunesse et l'au-delà, un film qui célèbre l'esprit et l'amour sur la chair et la mort.

