"Omar m'a tuer" : La tragédie d'Omar sublimée par Roschdy et Sami

le - cinéma
"Omar m'a tuer" : La tragédie d'Omar sublimée par Roschdy et SamiVoir les photos

Non seulement Roschdy Zem a un fort potentiel en tant qu'acteur mais aujourd'hui, il confirme son grand talent en tant que réalisateur. En décidant de porter à l'écran le calvaire d'Omar Raddad, ce jardinier marocain accusé du meurtre de celle qui l'employait, Roschdy s'attaquait à un sujet à la fois politique et polémique. Mais en confiant son premier rôle à Sami Bouajila, en choisissant de livrer un film épuré de tout misérabilisme, l'acteur et réalisateur sert un film poignant porté par une brillante interprétation de Sami, lui-même épaulé par la justesse de Denis Podalydès.

Cette affaire s'est révélée être un vrai scandale, un témoignage d'une justice française raciste comme  ont tenté de le démontrer les pro-Raddad depuis des années pour justifier de l'intolérable condamnation de celui injustement puni pour un crime qu'il n'a assurément pas commis.

Petit rappel des faits : Le 24 juin 1991, Ghislaine Marchal est assassinée dans la cave de sa ville de Mougins. Sur les murs, en lettres de sang, trône l'inscription "Omar m'a tuer" qui a fait tant de bruit en partie à cause de la grossière erreur d'orthographe qui la compose. En suspect numéro 1 de l'enquête, Omar Raddad, le jardinier marocain qui sera écroué durant sept ans à la prison de Grasse, clamant durant toutes ces années son innocence. Ce n'est que 20 ans plus tard que l'homme sera gracié mais le mal est fait, son nom a été sali et bafoué pour avoir été étroitement lié à un crime d'une grande cruauté et, à ce jour, il est toujours coupable aux yeux de la justice.

La pellicule permet donc de réajuster l'Histoire, de rendre justice et c'est avec un militantisme précis (chaque mot du scénario a été extrait des différents rapports d'enquête), un pragmatisme méticuleux que les faits sont peu à peu remis dans l'ordre, décortiqués tandis que les sentiments, pourtant exacerbés dans une telle situation, sont filmés avec une touchante pudeur.

Un film engagé qui force le respect donc, un respect que l'on doit à cet intelligent trio formé par Roschdy Zem, Sami Bouajila et Denis Podalydès.


 
 
A lire aussi Photos : Soirée de l'amfAR

Photos : Soirée de l'amfAR

A Cannes, la montée des marches est incontournable pour les stars mais il y a encore plus chic et plus exclusif : la...