Love : Simuler sous la couette : bonne ou mauvaise idée ?

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Feinte occasionnelle qui peut rapidement dériver en une frustration dans le couple, la simulation est-elle un artifice sans conséquence ? Le psychothérapeute Gérard Leleu nous aide à comprendre.

Quand simuler est utile…

Pour Francesca, la simulation est une feinte pratique et sans conséquence, à condition d'être utilisée avec modération.

"Il m'arrive de simuler avec mon compagnon. Il a beaucoup de désir, une libido très active. Mais il se trouve que parfois, je n'ai pas autant envie de faire l'amour que lui. Et malgré tout, je veux lui faire plaisir, alors je simule."

Le recours à la simulation s'instaure parfois lorsque l'on ne se sent pas investi à 100 % dans la rencontre sexuelle, mais que l'on ne veut pas décevoir ou inquiéter son partenaire. Utilisée ponctuellement dans le cadre d'une relation intime où l'on trouve à la fois sa place et son plaisir, la simulation n'a donc rien de préjudiciable.

En outre, simuler peut aussi s'avérer être un véritable booster d'appétit sexuel. Feindre le plaisir entraine une amplification du désir. Et cette exagération de l'excitation, perçue comme un booster de désir pour le partenaire, devient alors contagieuse et excite à son tour le ou la simulateur/trice... C'est en somme le jeu de l'arroseur arrosé !

Simuler, oui,  mais pourquoi ?

Avec le terrorisme de l'orgasme dont parle tous les ouvrages bien pensants sur la sexualité, faire semblant de jouir devient un rempart commode pour ceux et celles qui n'arrivent pas à atteindre le septième ciel à tous les coups. Pourquoi ? Comme le rappelle le psychothérapeute Gérard Leleu, ce sont les demandes impérieuses de son partenaire ou la peur d'être catalogué comme mauvais(e) amant(e) qui justifie les faux-semblants sous la couette.

"Sous la pression ambiante ou sous les questions pressantes de l'homme, vous auriez envie de feindre : cela vous assurerait le grade de bonne amante, cela lui voudrait le certificat de mâle parfait et la paix règnerait et vous échapperiez à vos peurs, peur de passer pour une femme tiède, peur de vexer l'homme, peur d'être quittée."

Savoir s'arrêter !

La simulation devient nuisible à l'équilibre du couple lorsqu'elle vise à combler une absence, par manque de communication, de désir ou de plaisir. On risque alors d'accumuler du ressentiment inconsciemment, au lieu d'entamer un dialogue avec soi-même et avec son partenaire.

Pour le psychothérapeute, on ne doit surtout pas se laisser aller à la simulation qui risque de se retourner contre nous-mêmes : "En simulant, vous cédez au terrorisme de l'orgasme et vous entrez dans une manipulation qui rendra infernale votre vie sexuelle. Et surtout, vous perdez toute chance de vous améliorer et donc d'accéder un jour au plaisir extrême. Si l'on ne reconnait pas ce qui ne va pas, on ne peut chercher les causes et donc espérer guérir. De plus, mentir sépare ce qui est un comble dans un acte qui unit."

Ce comportement est d'autant plus toxique qu'il conforte le partenaire dans sa manière de procéder. Pourquoi en changerait-il alors qu'il reçoit des messages positifs ? Mieux vaut donc s'efforcer d'identifier les causes de son insatisfaction et tenter de remédier à la situation avec son conjoint. Il faut également savoir que la simulation concerne aussi les hommes. Car éjaculation ne signifie pas forcément orgasme intense.

Quand les hommes s'y mettent…

Le propre de la simulation est d'être imperceptible aux hommes… comme aux femmes. Eh oui, la simulation du plaisir n'est pas une tendance uniquement féminine !

Bien que les femmes simulent davantage, à raison de 4 femmes pour 1 homme, ces derniers ne sont épargnés par les fluctuations du désir. 47% des hommes avouent toujours parvenir à un orgasme lors d'une pénétration vaginale, et 3% rapportent même ne jamais avoir d'orgasme lors d'un rapport sexuel. Ces chiffres laissent donc penser qu'il existe donc des hommes qui simulent aussi sans en avoir l'air…

Pour en savoir plus : Gérard Leleu Le traité des orgasmes (Leduc.S Editions)


 
 
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