C'est hier que s'est tenue la 61ème cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes, au cours de laquelle Edouard Baer, maître de cérémonie, s'est fendu d'un discours plutôt solennel, ayant pris soin de mettre au placard son légendaire humour.
Mais c'est un invité tout particulier qui a véritablement déclaré cette 61ème édition ouverte : Claude Lanzmann, 82 ans, le réalisateur de Shoah.
Voilà donc un Festival placé sous le signe de l'engagement, entre un tel invité et un président du jury connu pour ses différentes actions. Ce dernier, Sean Penn, a abordé différentes questions sur l'engagement politique des uns et des autres, a prononcé quelques mots sur les élections américaines en précisant que c'était "la plus importante depuis longtemps, voire de toute ma vie." L'homme a aussi fait en sorte que les organisateurs programment The Third Wave, documentaire australien relatant le périple de quatre volontaires auprès des rescapés du tsunami de fin 2004. Et l'acteur a expliqué sa décision en déclarant : " Je l'ai découvert il y a quelques semaines et il m'a semblé que c'était un film important. Un voyage dans l'engagement, émouvant et inspirant. La politique, ça devrait servir à ça, non ? " Beau geste.
Après quoi, le musicien Richie Havens, porte-drapeau de la contre-culture américaine, a entonné Freedom avant de tomber dans les bras de Sean Penn.
Sans compter le "Il n'y a qu'une seule humanité, qu'un seul cinéma" lancé par Claude Lanzmann.
A 23h30, Blindness, dernière réalisation de Fernando Meirelles, a ouvert véritablement ce festival cinématographique, et pas n'importe comment, puisque ce long-métrage plonge une fraction d'humanité dans une épidémie qui rend les gens aveugles et entraîne le chaos. Le tout emmené par une Julianne Moore superbe, un Danny Glover et un Gael Garcia Bernal à la hauteur également.
Glover, acteur engagé lui aussi, a fait un très beau parallèle entre la cécité abordée dans ce film et l'indifférence du monde face aux tragédies.
Sean Penn a approuvé, déclarant que le tremblement de terre en Chine allait influencer son jugement sur presque tous les films. "De même pour ce qui se passe en Birmanie. Ces choses qui arrivent sont une partie des émotions et de la vie que nous partageons tous, et cela nous rend plus âpres." Avant d'affirmer que les jurés "écouteront le coeur des films" avant de choisir la Palme d'or.
Voilà un programme cinématographique qui, à l'image du président du jury, a vraiment de la gueule cette fois-ci.


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