Une brochette de yachts dans la baie se prennent pour des sapins de Noël flottants. Le Carlton. Une entrée traficotée en l'honneur de Indiana Jones. Harrison, Shia, trônent sur la façade. Cannes est sur son trente et un, les enpingouinés sont briqués tels les cuivres d'un palace anglais, la robe longue traîne sur le carrelage du palace.
Le Festival se tape la cloche, dîner d'ouverture oblige. Fourchettes en argent à droite, couteaux clinquants à gauche. Le ciel est resplendissant. Lambert Wilson passe - en tout bien tout honneur - aux bras d'une Elsa Zylberstein toute jaunette. Pascal Thomas rigole. Les invités suivent. La Croisette déroule ses paillettes. Le temps de traverser la rue embouteillée, de constater qu'il est 23h22 bien sonnée et c'est la fête.
La première des festivités. Donnée en l'honneur de Blindness elle illumine la plage du Carlton. Ca se bouscule à l'entrée. Gros bras en smokings, faune agglutinée, accrochée aux balustrades. Une vingtaine de marches en contre bas du bitume et des barraqués fendent la foule, au milieu Julianne Moore, la star du film. Juchée sur des talons hauts, elle fonce vers le ponton. Danny Glover, assoupi l'après-midi, la regarde passer médusé du haut de son mètre 91.
La nuit commence à peine et Cannes s'éveille.
Les bulles s'amusent dans des coupes en plastiques, Jérôme Seydoux, patron de Pathé trinque à la santé du ciné. Les stars ne sont pas légions. C'est même portion congrue. Pas un membre du jury à se mettre dans les mirettes. Juste Michel Gondry papotant avec deux jeunes femmes en fleur. A quelques rangées d'éclairs au chocolat, un autre DJ s'éclate. Il est bien le seul. Pas un rat sur sa piste. Rapide coup d'oeil à droite, devant, derrière et toujours pas une vedette digne de ce nom. C'est le premier soir.
Jeudi, direction le Jimmy'z. La nouba commence.
Raphaël Teuguod, en diret de Cannes la nuit









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