Christophe Epalle fera partie des athlètes français méconnus du grand public mais qui pourraient rapporter des médailles à la France. Sa spécialité : le lancer de marteau, une discipline que l'on voit rarement à la télé et dont on parle peu. Christophe Epalle a reçu Actustar chez lui à Argenteuil.
Pourquoi avez-vous choisi l'athlétisme et plus particulièrement le marteau ?
J'y suis venu tout naturellement quand j'étais jeune car mes deux frères aînés pratiquaient tous deux le lancer (javelot et disque). J'ai choisi cette branche de l'athlétisme sans avoir essayé d'autres disciplines comme ça se passe normalement pour beaucoup de jeunes et après avoir essayé le javelot, le disque et le poids, je me suis mis au marteau et c'est là que j'avais les meilleures sensations. J'ai également fait du judo quand j'étais jeune, j'adorais me défouler sur le tatami, et j'ai fait un an de rugby. Mes capacités physiques m'ont d'ailleurs valu d'être sollicité par de grands clubs de rugby qui me proposaient de bons contrats sans jamais m'avoir vu jouer. J'ai hésité un moment puisque financièrement l'offre était attrayante, surtout qu'à ce moment-là j'étais sans emploi, mais lorsque Gaz de France m'a proposé un emploi en région parisienne j'ai accepté et j'ai pu continuer à m'entraîner plus sereinement avec un nouvel entraîneur.
Ressentez-vous de la pression en pensant que vous allez représenter la France aux Jeux Olympiques ?
Le mot qui me vient à l'esprit serait plutôt fierté. Je suis en effet extrêmement motivé à l'idée de représenter mon pays, mais aussi ma famille. C'est aussi un signe de reconnaissance pour mon entraîneur et moi-même. En fait, je suis excité à l'idée de vivre une nouvelle fois dans le village olympique en compagnie d'athlètes évoluant dans des sports différents et venant de toute la planète. Ce sont mes troisièmes Jeux Olympiques, mais on ne s'en lasse pas.
Quelles sont vos ambitions sportives pour Sydney ?
Je pense avoir toutes mes chances de ramener une médaille même si cette année le niveau est très relevé avec pas moins d'une dizaine d'athlètes au-delà des 80 mètres. Il faudra également se méfier des qualifications, car si j'ai le potentiel pour les franchir assez facilement, rater le premier lancer permettrait au doute de s'installer pendant 40 minutes jusqu'au deuxième lancer. Imaginez en plus que je le rate aussi ! C'est pour ça qu'il ne faut pas partir trop confiant non plus. Un bon résultat obtenu à Sydney me permettrait en plus d'oublier un peu l'injustice dont j'ai été victime en n'étant pas sélectionné pour les Championnats du monde de Séville l'année dernière.
Quel sportif rêvez-vous de rencontrer lors des JO ?
J'aimerais rencontrer les haltérophiles et quelques superstars même si je sais que les plus connus ne logent pas au village olympique pendant les JO, mais plutôt dans des hôtels ou des villas. C'est une attitude que je comprends car si j'avais les moyens, peut-être que je m'isolerais pour avoir une meilleure concentration et préparation mais je ne regrette pas d'être au village olympique.
Comment envisagez-vous l'après Sydney, sur le plan sportif et personnel ?
Côté sport, j'aimerais aller jusqu'aux JO de 2004 à Athènes en réalisant de bonnes saisons d'ici là. On dit que pour bien lancer le marteau il faut 10 ans, maintenant que j'y arrive plutôt pas mal je vais essayer de durer et d'avoir une carrière bien remplie avec 4 olympiades. En ce qui concerne ma vie familiale elle dépendra un peu de Gaz de France car après 2004 j'aimerais retourner en province, du côté de la région Rhône Alpes. Je n'ai pas envie d'éduquer mes enfants en région parisienne, l'environnement naturel et social n'y est pas ce qui se fait de mieux. Si mes enfants ont envie de faire du sport je les y pousserai, d'ailleurs je vois bien l'aîné qui fait pour l'instant du Judo se mettre au football US.
N'est-ce pas frustrant de n'être connu que dans son milieu lorsqu'on est champion de France dans une discipline sportive ?
C'est vrai que notre discipline n'est pas très médiatique, même au niveau de l'athlétisme puisque rares sont les meetings qui proposent cette épreuve et il m'est arrivé plusieurs fois d'effectuer le concours avant la cérémonie d'ouverture d'une compétition. Mais avec nos bons résultats (le Français Gilles Dupray détient pour l'instant la meilleure performance mondiale de l'année avec un jet de 82m38), on commence à être pris au sérieux. La preuve c'est que j'étais Capitaine de l'équipe de France lors de la dernière Coupe d'Europe.
Pensez-vous qu'une bonne performance de votre part aux Jeux permettrait de vous faire connaître en France et de populariser les épreuves de lancer ?
Bien sûr, si Gilles ou moi on décroche une belle médaille la discipline ne pourra être que plus connue. Il est urgent de trouver une relève car nous n'avons pour l'instant qu'un seul vrai espoir chez les jeunes.
Quels sont vos hobbies ?
Je suis quelqu'un aux goûts très simples et ce qui me manque le plus en région parisienne c'est la pêche ! A St Etienne je pouvais y aller quand je voulais. J'aime aussi aller aux champignons, heureusement ça je peux le faire dans la région. J'aime également faire du ski de piste ou de fond et aller aux Etats-Unis chez ma femme à Cincinnatti. Mon passe-temps préféré, c'est quand même de m'occuper de mes enfants.




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