PHONE GAME est un thriller mis en scène par Joel Schumacher. Un appel téléphonique peut changer toute une vie, voir mettre fin à celle d'un homme. Utilisant pour seul décor une cabine téléphonique new-yorkaise et son périmètre proche, PHONE GAME décrit la descente aux enfers de Stu Shepard (interprété par Colin Farrell), un petit attaché de presse qui s'y retrouve piégé : s'il raccroche, l'homme au bout du fil l'abat.
Vous aviez déjà travaillé avec Colin Farrell et Kiefer Sutherland auparavant. Qu'est-ce vous aimez le plus chez ces deux acteurs, à part bien sûr leur talent ?
Ce sont des acteurs nés. Ils peuvent tout jouer, des gentils, des méchants, tout. Ils donnent l'impression d'être nés dans la peau du personnage.
Après 4 films avec Kiefer Sutherland et déjà le deuxième avec Colin Farrell, quelles sont vos relations avec eux ?
JS : J'essaie qu'elles restent professionnelles... [Rires] Je ne suis pas de la même génération, alors lorsqu'ils ont besoin d'un ami plus vieux qu'eux, je suis là.
Comment avez-vous décidé de confier le rôle de Pamela à Katie Holmes ?
Je l'ai toujours aimée. Le temps qu'elle a consacré à la série Dawson l'a tenu à l'écart de nombreux projets. J'étais enchanté de lui confier un rôle dans Phone Game.
Quand vous avez lu le script pour la première fois, avez-vous été attiré par le côté moralisateur de l'histoire ?
J'ai juste découvert une histoire, puis j'ai essayé de la raconter dans un film. Le personnage de Kiefer ne peut vraiment pas être considéré comme moralisateur, c'est un meurtrier et c'est un menteur. C'est une sorte de fanatique religieux en fait. Il ne fait pas ce qu'il fait en espérant la rédemption du personnage qu'incarne Colin.
Vous avez fait à peu près tous les métiers du cinéma (acteurs, costumier, scénariste, réalisateur, ...). Avez-vous peur de la routine ?
Oui, la routine me fait peur. [Rires] Chaque nouveau métier est un nouveau challenge et c'est en apprenant de ses expériences que l'on peut devenir meilleur.
Vous avez réalisé des spots contre la violence et pour la prévention du SIDA. Cela requiert-il une approche différente par rapport à la réalisation d'un film ?
Prêcher contre la violence auprès des gangs ou apprendre à des adolescents à utiliser des préservatifs, c'est une action de service public, c'est tenter de remédier à de vrais problèmes que les gens rencontrent dans leur vie de tous les jours. Faire des films, c'est pour divertir. C'est un besoin essentiel, se divertir, mais vivre dans un monde moins violent et à l'abri du SIDA, c'est ce qu'il y a de plus important.
Vous avez également réalisé des clips vidéo. Cela a-t-il été une expérience importante ?
Les clips vidéo et MTV sont les meilleures choses qui soient arrivées au cinéma ces dernières années. Ils ont appris le surréalisme à plusieurs générations de spectateurs. Cela a eu pour effet de libérer la narration au cinéma : nous ne sommes plus obligés de raconter les histoires de manière linéaire comme nous étions obligés de le faire avant. Sans MTV, je n'aurai jamais pu réaliser certaines scènes de The Lost Boys comme que je les ai faites.
Comment utilisez-vous votre expérience pluridisciplinaire lorsque vous réalisez un film ?
Cela me permet pour mon équipe de tournage de choisir des gens plus talentueux que moi dans chacun des domaines et pour chaque poste. Ca n'aurait eu aucun sens par exemple que je fasse moi-même les costumes de mes films [Rires] Un film, c'est avant tout le fruit d'une collaboration. Ce qui est intéressant, c'est de regrouper des gens talentueux et de voir ce que la mise en commun de leurs inspirations peut apporter à l'histoire.
Recommanderiez-vous un parcours aussi diversifié que le vôtre à toutes les personnes qui souhaitent devenir réalisateur ?
Plus vous pouvez en apprendre, plus il y a de chances que vous réussissiez. Découvrir sur le terrain est plus efficace que ce que l'on peut apprendre dans les écoles de cinéma, mais ça demande plus de temps...
Comment résumeriez-vous votre rôle sur un tournage ?
Eviter que vous [les spectateurs, ndlr] ne vous ennuyiez ! [Rires]
Vous travaillez actuellement sur deux nouveaux films, Veronica Guerin et The Phantom of the Opera. Que pouvez-vous nous en dire ?
Plus précisément, je viens de finir Veronica Guerin, qui devrait être dans les salles à l'automne, et je suis sur le point de commencer le tournage de The Phantom of the Opera. Tout devrait être prêt pour démarrer le 15 septembre. C'est vraiment un projet excitant. Toutes les précédentes adaptations cinématographiques de l'uvre de Gaston Leroux sont des films d'horreur, la mienne est une comédie musicale. Le challenge est de faire un film très... sexy.
Avez-vous d'autres projets en cours ?
J'ai beaucoup de projets. Evidemment, je ne peux pas trop en parler pour le moment. Je suis en train d'écrire un scénario qui me tient beaucoup à cur et que j'ai peur de ne pas pouvoir achever à cause de tous mes autres projets. Je suis constamment débordé !
Avec qui aimeriez-vous absolument travailler ?
J'adorerais travailler avec Monica Bellucci. Elle est vraiment sublime. J'aimerais aussi mettre à nouveau en scène Colin Farrell. Il est incroyable. Pour Phone Game, qui a été tourné en seulement 12 jours, il a dû apprendre 10 pages de texte par jour et il les a jouées à la perfection. Sinon, j'aime beaucoup Helen Mirren et Brad Pitt.
Dans quels rôles les verriez-vous ?
Vous savez, je ne crois pas que l'on puisse créer un personnage spécialement pour un acteur et que cela fonctionne. Il faut avant tout une excellente histoire, avec des personnages intéressants, et choisir les acteurs qui pourront le mieux les incarner.
Quel thème aimeriez-vous aborder dans un prochain film ?
J'ai adoré Le Pacte des Loups. Je voudrais faire un film sur le personnage qu'y incarne Monica Bellucci, et l'avoir dans le rôle principal évidemment [Sourire].
Et sinon que faites-vous quand vous ne réalisez pas des films ?
Je me consacre à ma vie sentimentale. Je me retire chez moi et j'essaie de me relaxer. Je consacre également pas mal de temps à écrire et à regarder les films que je n'ai pas pu voir. Le DVD est pour cela une invention merveilleuse... Il me permet de faire des achats ici en Europe et de me visionner beaucoup de films européens qui ne sortent pas en salles aux Etats-Unis.




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