l'interview de Eicher Stephan

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Interview Stephan Eicher pour son nouvel opus Eldorado.

Le 07/05/2007 15h55

Actustar a reçu le 18 avril l'artiste suisse dans un endroit chic de Paris, pour qu'il nous parle de son album, qu'il nous confie ses envies. Il nous avoue que cet album, intitulé Eldorado, il le voulait depuis longtemps. Eldorado est en vente depuis le 16 avril en France, il est composé de 11 chansons aux mélodies diverses : jazzy, électro-pop, chansons poétiques. On y retrouve des nouvelles collaborations comme Mickael Furnon, Raphaël, Frédéric Lo. Stephan Eicher nous invite dans son monde, écoutons-le !

D'où vient l'idée du titre de l'album Eldorado ?
Je trouve que le titre est un peu lourd, baroque, comment dire cela, un peu vaste. Après, si j'écoute le disque, ça veut dire autre chose. C'est déjà le titre d'une chanson de l'album. Pour moi, dans les paroles et la construction, la chanson Eldorado est la plus importante. Après, je cherche toujours un titre compréhensible partout. Un titre un peu mystique. Et puis, j'ai trouvé Eldorado. Et en cherchant sur google, j'ai vu qu'il y avait un malentendu. Google référençait Eldorado sur un site, sur lequel il y avait l'histoire d'un radeau en or avec une légende selon laquelle le chef d'un peuple était couvert d'or, et à chaque fois qu'il se baignait dans le lac, l'or se propageait. Et avec le temps, le lac devînt or. Et en fait, je croyais que ce peuple s'appelait Musica. Et j'ai donc vu de l'or dans Eldorado. Et puis, il y a l'Eldorado de Voltaire, où Candide trouve son Eldorado. Peut-être qu'Eldorado, c'est aussi la société où l'on vit, c'est vivre sa vie, sans chercher le paradis ou atteindre l'Eldorado. Je sais qu'il y a une vie avant la mort, ça j'en suis sûr, car je le vis. Après la mort, je ne suis pas sûr, mais je l'espère ! Mais je peux parler encore deux heures de ce titre et de cette chanson, Eldorado !

Comment avez-vous formé votre équipe : les musiciens, les paroliers ? Pourquoi avoir choisi de travailler avec de nouveaux auteurs comme Mickaël Furnon de Mickey 3D ou Raphaël ?
J'ai commencé à travailler assez tôt avec Philippe Djan. Comme toujours, on a commencé à chercher des chansons. Et puis très vite, j'ai été impuissant, et l'aide est venue de Philippe Djan avec la chanson Pas Déplu. Il m'a sauvé de mon impuissance. C'est une chanson avec un texte que j'adore. J'étais chez lui quand on discutait, je lui disais que je ne trouvais plus de musique pour ce magnifique texte, que je respectais trop peut-être. Il a pris la guitare et il m'a dit : "il faut faire comme ça", j'ai dit wouah !!! Et ça nous a donné le champ libre pour bosser différemment l'écriture. Philippe Djan m'a présenté Martin Suter, un écrivain suisse qui habite au Guatemala, à côté de l'Eldorado. Et puis on était donc trois personnes, comme les Trois Mousquetaires, avec en plus des cheveux blancs ! (rires) Ils nous manquaient donc la quatrième personne : le jeune, le passionné, l'amoureux. Ce sont Mickaël Furnon de Mickey 3D et Raphaël, ce sont les d'Artagnan ! Ce sont les jeunes qui croient encore à la beauté de l'amour.

Mickaël Furnon de Mickey 3D et Raphaël sont les poètes de l'album ?
Oui, on peut dire que ce sont les poètes, ils apportent la fraîcheur, c'est la jeunesse. Je suis un vampire qui a vieilli dans son château et qui a besoin de sang neuf. Je me suis servi du sang des deux jeunes chanteurs. Et puis les musiciens, ce sont mes envies, je ne crois plus en grand chose, mais mon métier est un vrai plaisir. Je peux rencontrer des gens, je peux aller chercher des gens, je peux mélanger les genres, je suis un gosse qui joue dans sa chambre et qui fait ce qu'il veux !

Et Frederic Lo en co-production , quel est son rôle ? Il crée le changement ?
Oui, il faut lui trouver son rôle ! Frederic Lo est arrivé alors que j'avais déjà fait la moitié du disque tout seul, j'avais fini Voyage, Zrügg zu mir ou même la chanson Eldorado. J'avais fini les chansons Charly, I cry at et Weiss Nid Was Es, avec mon ami jazzman hollandais compositeur-arrangeur Reyn. Et puis il y avait cette chanson Parle moi, qui était pour la maison de disques le tube de l'album. Et j'écoutais mes versions, et je me disais 'ça ne sonne pas comme un tube', c'est une chouette chanson ! Mais la maison de disques m'a dit : "Il y a une capacité dans cette chanson." Et alors, j'ai dit : "Si vous y croyez, il faut trouver la personne avec laquelle je vais travailler pour souligner le côté 'tube'". Comme la chanson était en français, il fallait un producteur en français, qui comprenne le texte, et on a trouvé Frederic Lo, qui a fait un très bel album à Daniel Darc. Je suis allée donc chez lui dans une cave à Clichy ! Ça m'a rappelé mes débuts, j'ai rangé et nettoyé toute la cave ! (rires) J'exagère ! Et puis on a commencé à bosser sur ce super tube, et puis il m'a demandé ce que j'avais déjà fait, je lui ai fait écouter, et il m'a dit : "ah c'est un beau disque, tu as fini l'album?" Je lui ai dit qu'il me manquait deux trois titres. Je lui ai joué Confettis, Solitaires, Dimanche en décembre. On a bossé dessus et finalement, on a oublié Parle moi. La chanson ne figure pas sur le disque. Et donc Frederic Lo est resté avec moi, pour toute la deuxième moitié du disque. On a travaillé ensemble comme dans un groupe.

C'est Frederic Lo qui vous a influencé à revenir à l'électro-pop, le son de vos débuts avec Dimanche en décembre et Solitaires ?
Non, l'histoire est plus simple, il était au studio, il a vu tous mes vieux instruments que j'utilise encore, et il a commencé à jouer. Et puis je lui ai demandé si ça n'était pas mieux de choisir une chanson et de jouer dessus. On a choisi Dimanche en décembre, parce que les sons collaient bien avec les paroles.

Dans votre disque, c'est un plaisir de retrouver des sons très différents, on passe donc de Dimanche en décembre et Solitaires, des sons électro-pop aux chansons bernoises aux sons jazzy, et à des chansons plus poétiques avec Mickaël Furnon et Raphaël….
Aujourd'hui, on est forcé de faire de grandes pauses entre les disques, avec les longues tournées, les longues promos et quand enfin, vous pouvez refaire un disque, vous en avez tellement envie que ça peut donner de mauvais disques, parce que ça peut être chaotique, comme l'album Milles vies, j'ai voulu passé du classique au hard rock. Bref, j'ai voulu un vrai disque, je n'ai jamais eu ça avant, un disque qui se commence et qui se finit. C'est peut-être un des derniers ! Les disques vont peut-être disparaître avec les nouvelles technologies.

Pourquoi avoir choisi de vous éloigner du rock, de votre précédent disque Taxi Europa pour une tonalité plus acoustique ? Est ce à voir avec le fait que votre album est plus personnel ? On a même l'impression que vous parlez à quelqu'un ? Et parfois même que vous en voulez à quelqu'un ? Comme dans la chanson Confettis ? Je me trompe peut-être ?
Que j'en veux à quelqu'un ? C'est une chanson de haine. Mais ce n'est pas une chanson sur une personne, c'est une chanson sur les tensions politiques et religieuses. Mais c'est vrai que c'est ça l'idée de l'album. Même s'il y a beaucoup de haine dans le disque, c'est un album où j'essaie d'être calme et clair, où je donne mon avis. Je veux faire aussi du bien avec ma musique, je veux faire le grand bien, l'aspirine quoi !

C'est peut-être pour cela que votre voix est plus posée dans vos chansons ? Ou est-ce parce que vous avez reçu des critiques sur votre voix criée sur vos précédents albums ? Quelle est la version officielle ? Officielle et officieuse, la rumeur dit que vous chantez doucement, car pendant l'enregistrement, vous ne vouliez pas réveiller les enfants ?
Pour faire un joli article, il faut dire que dans mes chansons, je cherche La personne. Mais la vrai histoire, c'est que j'ai travaillé dans une maison prêtée par des amis, car l'album avait pris du retard. Et dans cette maison, il y avait des enfants qui dormaient et il y avait même un chien qui aboyait quand je chantais trop fort. Donc ça n'était pas possible d'entendre les aboiements du chien ! La chanson Rendez-vous s'est faite comme cela.

Moi, je suis triste, parce que le climat jazzy sur les chansons bernoises n’est pas présent ou moins prononcé que sur vos chansons françaises, pourquoi ? Vous composez plus naturellement dans votre langue maternelle ?
Le français n'est pas fait pour chanter du jazz, en bernois c'est plus facile. Par exemple, respirer dans une chanson en français, c'est gênant, mais en bernois, ça passe comme des paroles. En plus, les concerts vont être plus jazzy. Je vais tenter d'être sur scène avec un pianiste, un batteur et moi à la guitare, c'est tout. Je chanterai quelques chansons en français, mais c'est difficile d'avoir une profondeur en français. De toutes façons, pourquoi les opéras sont chantés en italien ? Pourquoi le rock en anglais ? Et pourquoi, quand on parle d'amour, c'est en français ? Qui chante en français avec beaucoup de soul sans mauvais goût ? Etienne Daho, qui n'a pas la voix de Pavarotti, mais ça fonctionne, j'adore, sa voix est cohérente. Jean-Louis Murat aussi. Delerme, ça fonctionne bien avec ses paroles. Et Johnny Hallyday, le seul qui arrive à crier en français, mais c'est pas du jazzy, c'est vrai !

Heureux de retrouver les plus grandes salles avec la Tournée? Je crois savoir que vous êtes un artiste qui préfère vivre sur scène ?
Oui, j'ai déjà commencé la tournée au milieu de la conception du disque. Je ne comprends pas que maintenant, il y ait une séparation entre l'enregistrement du disque et la tournée. La semaine dernière, j'ai joué trois fois en Suisse. Et si le disque marche bien, je fais deux tournées : une dans des lieux petits et jolis, je déteste les grandes salles. Mais je préfère jouer devant 20 000 personnes que 200 personnes. C'est pour cela que l'Olympia me va, c'est beau et grand. En plus, les gens à l'intérieur ont l'air contents. On a deux dates à l'Olympia. Mais ça, c'est déjà la grande tournée ! On a choisi des théâtres pour la petite tournée.

Vous n'avez jamais quitté réellement la scène ?
Oui, je suis toujours sur scène, même pendant le disque. Mais j'ai le trac, même si quand tous les gens sont là, je suis l'homme le plus heureux du monde. Mais monter sur scène, c'est difficile. Avant de monter sur scène, on fait des blagues pour se décontracter.

D'autres projets mis à part votre nouvel album ? Comme vos articles écrits pour le magazine des chemins de fer suisses VIA ou bien écrire des musiques de films comme le film Monsieur N de De Caunes ?
J'attends un peu, les gens ont eu peur de moi, j'ai demandé des musiciens français pour son film et non des polonais ! Pour moi, c'est comme les hommes qui vont tromper leur femme en Thaïlande ! On va en Pologne parce que les musiciens sont moins chers, mais, ici, on a de très bons musiciens aussi. Avec Antoine De Caunes, c'était possible, c'était lui le chef ! Donc les gens ont peut-être peur de moi. J'écris toujours pour le magazine VIA. Et j'écris des chansons pour d'autres artistes.

La rumeur dit que vous vous réinstallez en France ?
Non, j'habite en France depuis le mois de janvier, on a échangé avec Johnny Hallyday ! En France, il y a le respect du musicien, Johnny Hallyday devrait rester en France !

A.S.

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Stephan Eicher est né le 17 août 1960, à Münchenbuchsee, en Suisse, près de Berne. Son...
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