Il y a quelques temps, nous découvrions Internet, ce vaste espace médiatique comme nouveau moyen de communication. Nous y recherchons des informations, un nouvel amoureux et parfois y émerge un nouvel artiste. Kamini, l'homme virtuel, avec Marly-Gomont, en est la preuve vivante ! Actustar a le plaisir de vous faire partager cette rencontre réelle. Kamini nous y présente son premier album (sortie le 28 mai 2007)où il aborde des thèmes de la vie quotidienne avec humour et ingéniosité. Voici l'album authentique de Kamini : PSYCHOSTAR WORLD
Kamini : Pourquoi ce nom ? Ca vient d'où ?
Kamini:
Kamini c'est congolais et c'est un type qui a recueilli mon père qui était orphelin et il s'appelait Kamini. Quand je suis né, mon père a dit (il imite son père) : "Toi tu seras grand, Ya Kamini !" Et il m'a appelé comme cela.
Le nom a une signification précise ?
Kamini:
Le défenseur et objet d'admiration !
Tu as été révélé par Internet, quel est ton rapport aujourd'hui avec le web ?
Kamini:
En fait, la vérité, c'est que je n'ai pas Internet chez moi ! Pardon ! (rires) Mais je l'ai au studio d'enregistrement de Martin, mon manager et co-producteur. Et je suis les mails qu'on m'envoie sur www.kamini.fr et je suis très souvent sur Internet avec ce qu'il m'est arrivé.
En parlant de chez toi, tu vis encore à Marly-Gomont ?
Kamini:
Mon père vit toujours dans un petit village à côté de Marly-Gomont et moi je vis à Lille, mais je vais souvent chez mon père, donc je suis souvent dans le coin. J'ai quitté Marly-Gomont à l'âge de 19 ans.
Tu écoutais quoi plus jeune comme musique ? Tu as été influencé par quelles musiques ? Et en ce moment, c'est quoi les musiques qui te touchent ?
Kamini:
En ce moment, j'écoute énormément de musiques diverses et variées, comme quand j'étais plus jeune. De Michael Jackson, Muse, Daniel balavoine, Snoop Dogg, Dr.Dre et Eminem. J'écoute vraiment de tout, même de la house avec tous les Dj du moment. C'est trop fort !
Si tu devais choisir une catégorie musicale, tu serais laquelle ?
Kamini:
Le rap, c'est simple comme réponse, mais c'est vrai !
Tu définis comment ton album ?
Kamini:
Mon album s'appelle Psychostar World parce qu'il y a plusieurs univers, celui de la psychiatrie qu'on retrouve dans trois et quatre morceaux, il y a l'univers rural comme Marly-Gomont, Petits Patelins ou Bien Gamin. Y'a des morceaux qui ont leur propre univers comme un Un Ptit coup de Motherfuck, où je parle du rap américain. Une chanson d'amour comme Faisons quequette, ou alors des chansons où je parle de la psychologie humaine comme Frustration et Le Deni, c'est un album avec plusieurs univers? C'est l'univers Kamini. Donc bienvenue chez moi !
Avec cet univers, on ne peut pas te mettre dans une catégorie rap français ?
Kamini:
Moi ce que je fais c'est du rap, mais à partir du moment où mon album est sincère, je ne peux avoir les codes des rappeurs, car ma vie est différente de la leur. Jamais je n'ai commencé à courir après les flics, jamais je n'ai fait des braquages. A partir du moment où j'écris sincèrement, ça donne Marly-Gomont, J'suis Blanc, Un Ptit coup de Motherfuck, c'est des choses qui me sont propres. Je ne peux pas m'inventer une vie et commencer à faire des trucs !
On peut dire aussi qu'il y a une grosse dose d'humour dans tes textes ? Tu n'as pas peur qu'on ne te prenne pas au sérieux et qu'on te mette dans la case des comiques chanteur : ?
Kamini:
Par rapport à la manière dont je suis rentré dans le milieu, avec un clip original et drôle de Marly-Gomont, on pouvait croire cela, mais après, c'est à moi de travailler artistiquement pour que ça ne se produise pas. J'suis Blanc, c'est toujours décalé, il y a de l'humour mais c'est un peu plus piquant, corrosif, je pense être dans le juste milieu.
Dans Un Ptit coup de Motherfuck, tu te moques des gansta rap en ironisant ?
Kamini:
Le rap est toujours pareil, sauf que maintenant c'est devenu fort à la mode. Forcément, on trouve des rap commerciaux qui explosent et après ça plaît pas à tout le monde. Le rap il est ce qu'il est, il ne changera pas demain ! A ce jour le rap et le rn'b, c'est rentré dans les moeurs ! Tout le monde connaît le beat du rap, on retrouve cela dans le rock et la house ! C'est pour ça Marly-Gomont, ça a bien marché. Des grands-mères me disent (il mime une grand-mère) : "J'ai pas très bien compris, mais j'aime bien !"
Dans les nouveaux courants du rap, il y a le Slam ? Qu'en penses-tu ?
Kamini:
Le slam, c'est du rap sans musique, après comme il n'y a pas de musique, tu n'as pas besoin de chercher un flow, mais la poésie elle est là. Et c'est pour cela que ça marche ! C'est de l'art.
Tu as pensé à faire du Slam ?
Kamini:
Non, j'ai jamais pensé à cela, si je commence à en faire, se ne sera pas spontané car se serait pour suivre la mode.
Comme la plupart des artistes de Slam, tu écris tes textes ?
Kamini:
Oui c'est vrai j'écris mes textes mais je suis compositeur aussi. Donc forcément c'est associé à une musique. Je suis aussi réalisateur, je suis aussi associé à une image. C'est l'univers Kamini. C'est moi !
Pour revenir à tes chansons, on sait que tu joues beaucoup sur l'humour, mais tu abordes tout de même des problèmes quotidiens comme dans Psychostar Show, est-ce une envie de partager tes expériences ?
Kamini:
Comme c'est un album authentique et sincère, forcément je parle de mon vécu. Des émotions que j'ai traversé et ressenti. Et la psychiatrie, oui ça fait parti de ma vie, c'est pour cela que j'en parle, mais toujours avec un côté décalé et de l'humour pour ne pas choqué les gens et parce que ce n'est pas le but ! Dans mon écriture, il fallait que j'en parle, ça m'est venu spontanément. C'est vrai c'est un album très social mais J'suis Blanc je l'ai écris spontanément comme Marly-Gomont. J'suis Blanc, j'ai eu l'idée, j'ai dit on va partir sur ce thème et puis j'ai commencé à écrire. Martin est arrivé, je lui ai fait écouté la moitié du premier couplé. Il m'a dit : "C'est géniale, continue à écrire !" Je l'ai écris il y a six mois ! Et non, je me suis dit juste : Je vais utiliser les clichés avec un peu d'humour pour montrer à quel point les préjugés sont absurdes ! Quand mon père me dit (il imite son père) : "Ah les noirs, ils sont toujours en retard !" Je lui dis : "C'est pas vrai papa, pourquoi tu dis ça !" Et pourtant, lui aussi, il est black ! (rires) C'est comme l'exemple des vigiles dans J'suis Blanc, les vigiles des supermarchés, c'est toujours des black, ils te regardent et te suivent ! Les préjugés sont rentrés dans la tête des gens et c'est ça que je dis dans la chanson, on pense tout et n'importe quoi.
Tu a donc écris, composé et réalisé avec 200 euros Marly Gomont, ça fait quoi de bosser avec de plus gros budgets ? Tu t'es investi de la même manière dans les reste des chansons?
Kamini:
Sur J'suis Blanc, on a mis un peu plus de moyen, mais je ne suis pas encore rentré dans le gros budget. Je pense que même si j'avais signé en maison de disque avant, j'aurais tourné de la même manière Marly-Gomont avec une mini DV, parce que c'est une chanson qui parle de la vie, qui parle des gens. J'estime qu'à un moment, tu n'as pas besoin de faire croire que tu as la peau en plastique pour faire un clip à la TV ! Moi je suis réalisateur et si je mets des moyens dans un clip c'est qu'il en a besoin de ça.
Comment tu vis ta sortie d'album ?
Kamini:
Je me dis que ça va aller et que c'est dieu qui décide et puis on verra.
Parlons un peu de ta célébrité, tu a été élu personnalité de l'année 2006 par Time Magazine, tu as reçu une victoire de la musique en 2007 et t'enchaîne les interviews, ça change quoi dans la vie?
Kamini:
C'est le regard des gens qui change, mais après, tu ne changes pas vraiment. Si y'a certains mecs qui te disent (il imite une racaille) : "Oueh ! Avec les meufs ?" (rires). Déjà t'es timide à la base, t'es toujours timide quand tu es célèbre. Et c'est même encore pire ! Moi en plus, je suis un ancien bègue. J'ai bégayé jusqu'à l'âge de quinze ans, alors c'est encore pire, tu es plus stressé. C'est donc le regard des gens qui changent à part si ta qualité de vie change en fonction de ta célébrité, c'est que tu as été déséquilibré par ça. Et moi j'essaye de rester pareil.
Et à Marly-Gomont ?
Kamini:
Les gens du village, ils veulent des photos pour leurs enfants, leurs petits-enfants...Ils sont très fières, très contents. Mais après, est-ce que ma chanson va faire baisser le racisme dans les campagnes ou les préjugés d'autrui ? Je ne pense pas. Peut-être sur la jeunesse, mais on verra cela dans 25 ans !
As-tu des projets ?
Kamini:
Oui, j'ai encore 10 clips à tourner, je veux tout faire. Après est-ce que la maison de disque va me suivre ? Si les clips nécessitent un gros budget, ok, on peut pas tout faire... Mais quand c'est pas nécessaire, je vais pas commencer à faire comme tout le monde pour rentrer dans une norme artistique avec une image précise. J'ai des copines qui croient (il imite une copine) : " t'a vu sa peau, ouah ! t'as vu ça ! "Je lui explique que c'est moi qui ai travaillé dans les hôpitaux, c'est pas possible ! Qu'elle me ramène quelqu'un en exemple ! (rires).
Tu as des projets cinématographiques ?
Kamini:
Oui, Jean-pierre Mocky m'avait parlé de quelque chose et je n'ai plus eu de nouvelles. J'ai eu deux trois autres propositions. Mais j'ai pas le temps, je pense qu'il faut déjà installer les choses en ce qui concerne mon projet musical et si j'ai le temps de m'appliquer, pourquoi pas. On verra comment ça va se passer !
On arrive à la fin de l'interview, je vais te poser la question Actustar. Attention, tu es le premier à répondre à la question : Quel est ton dernier rêve ?
Kamini:
Être amoureux et je suis sur scène avec un Olympia blindé !
Un dernier mot ?
Kamini:
Merci à toute l'équipe d'Actustar, merci aux internautes et à bientôt dans les bacs !
A.S.





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