l'interview de Jil Caplan

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Interview Jil Caplan pour l'album Derrière la porte...

Le 14/06/2007 à 13h50

Il y a des artistes qui chantent par hasard, des Hommes qui se forment pour être chanteur et puis il y a les artistes dans l'âme, cela, on peut les compter sur les doigts de la main.
Interview Jil Caplan pour son album Derrière la porte en tournée et en concert le 11 et 12 octobre à l'Européen

Il y a des artistes qui chantent par hasard, des Hommes qui se forment pour être chanteur et puis il y a les artistes dans l'âme, cela, on peut les compter sur les doigts de la main. Jil Caplan fait partie de ces artistes qui vivent de la musique, des émotions que l'écriture et le son leur procurent. Certes, elle n'est pas dans la variété, elle ne se trouve pas dans la nouvelle génération de chansons françaises, Jil Caplan est une chanteuse réaliste depuis le début. Aujourd'hui, elle revient au devant de la scène avec son premier mentor Jay Alansky, avec l'album Derrière la Porte, qui est dans les bacs depuis le 11 Juin. Un album authentique avec une musique qui sublime des paroles sincères. Jil Caplan en parle à Actustar.

Racontez moi votre retour avec ce nouvel album. Pourquoi avoir pris plus de temps ?
Jil Caplan:
Ça n'est pas si vieux, mon précédent album date de 2004. Et puis si on compte le temps de faire un peu de scène et d'avoir quelque chose à dire, on n'enchaîne pas les disques comme les perles ! Et le temps de l'écrire, de l'enregistrer, on y est depuis un an. On n'a pas mis un an à le faire ce disque, en fait, on a mis deux mois à l'écrire et à le composer ce disque. Depuis mes débuts, c'est un disque tous les trois ans à peu près.

Parlez moi de vos retrouvailles avec Jay Alansky.
Jil Caplan:
Je ne devais travailler avec personne à la base, il y a des moments dans la vie où on ne sait pas où on en est. On a travaillé tous les deux, c'est nos retrouvailles, c'est un hasard de circonstances. J'ai revu Jay, on a bu un thé ensemble, on ne s'était pas vu depuis longtemps, chacun était dans ses occupations. Lui était dans la musique électronique et moi, je faisais de la musique avec les deux têtes des innocents, c'était plus folk et plus acoustique. Et c'est peut-être pour cela qu'on a réussi à faire ce disque ensemble, parce qu'on s'est aéré, rien n'était prévu, c'était vraiment une surprise.

Alors comment vous avez travaillé ensemble et préparé l'album ?
Jil Caplan:
J'ai écrit les paroles puis Jay la musique. Je ne sais pas écrire sur de la musique, j'ai beaucoup de mal, parce que j'ai l'impression de faire des mots-croisés, de remplir des petites cases. Je crois que je suis d'une culture littéraire, les mots ont leur importance, j'ai toujours été une très grande lectrice, un texte doit pouvoir se lire même sans la musique. Mais après on connaît le pouvoir de la musique, on voit comment une musique peut sublimer un texte comme par exemple j'aime... je déteste, j'étais trop contente parce que j'avais l'impression de régler mes comptes, je n'avais pas de refrain, j'avais rien, j'avais des strophes dans le texte et quand j'ai écouté ce qu'avais fait, j'ai trouvé le texte plus beau avec la musique. Je travaillais le soir, durant la nuit où j'étais seule, la ville dormait, ça venait tout seul alors que pendant un an, j'avais peiné. J'envoyais par mail à Jay et il bossait dessus et puis je le rejoignais pour enregistrer au niveau des textes, on peaufinait et voilà.

Comment vous décrivez votre album ?:
Jil Caplan:
Je ne sais pas trop, en fait sur My Space, il y a plein de petits mots où il faut définir sa musique : pop, folk, rock et ça me faisait chier, je n'étais pas dedans ! Ça n'est pas du rock objectivement, c'est pas du tout du folk, la pop, ce côté sucré ça n'est pas cela non plus, la techno non plus, donc il restait quoi, il y a l'emotronique, à la fois émo, c'est émotion et tronique, c'est électronique ! Comme il y a beaucoup de synthé, il y a beaucoup de guitare électrique, ça n'est pas un disque acoustique.

C'est quoi la différence de cet album avec les autres albums ? :
Jil Caplan:
Ça n'a rien à voir, chaque album a son propre mode d'emploi, son propre schéma, c'est comme une relation amoureuse, on ne partage pas les mêmes choses avec chaque personne. Chaque personne suscite quelque chose de particulier. Dans le précédent, j'avais envie de me laisser porter, j'étais plus solaire, plus folk. J'étais un peu flemmarde, j'avais envie de musique folk seventies, on était dans un confort, dans un gros studio, on rigolait tout le temps. C'était un disque très léger, là avec Jay, c'est autre chose, on était tout le temps concentré, on voulait sortir le pur jus.

C'était différent par rapport à ta première collaboration avec Jay Alansky ?:
Jil Caplan:
Ça ne peut pas se comparer aussi, car c'était un premier album, j'avais 20 ans et lui 32 ans, j'étais en train de me construire. Je sortais à l'époque de mon cours de théâtre au cours Florent. J'apprenais avec lui, c'était un guide, un aîné, un frère pour moi. A l'heure d'aujourd'hui, c'est plus équitable.

On ressent beaucoup de thèmes tristes dans cet album, vous parlez de solitude, pourquoi ?:
Jil Caplan:
Oui malheureusement, parce que c'est un sentiment que j'ai eu, par exemple dans Tout l'azur du monde, j'habite un immeuble qui est un peu crado, et il y avait un moment où il y avait des SDF et des gens blessés plein le quartier et les gens les enjambaient, tout le monde s'en foutait. Dans l'immeuble, il y a un couple avec un bébé qui pleurait et les parents lui disaient "ta gueule", le pauvre bout de chou, j'ai failli appelé la DASS, et voilà j'avais l'impression que tout cela rentrait chez moi et ça me pénétrait. Mais ça n'est pas autobiographique. Ce sont des sentiments de solitude et d'abandon. Des toutes petites choses, parfois j'ai l'impression qu'on est des toutes petites choses confrontées à nos pauvres sentiments de jalousie etc... Il y a des moments où on se sent... genre on pourrait crever comme un chien ! L'indifférence du monde est totale et c'est très violent je trouve.

S'il fallait retenir un morceau dans votre album, un tube peut-être ?:
Jil Caplan:
Pour moi, il y en a trois qui peuvent fédérer beaucoup d'énergie et où les gens peuvent se reconnaître, parce qu'un tube c'est quelque chose qui va parler au plus grand nombre où il y a une espèce d'alchimie. Et c'est vrai que c'est vachement agréable, on ne peut pas dire qu'une chanson ne devienne pas un tube. Je me suis vraiment construite avec ça, le single qu'on achète, la chanson qu'on passe en boucle et qu'on partage avec la copine et qui vous fait trop vibrer. J'aime ce côté très populaire de la musique !

Et donc la chanson à retenir ?:
Jil Caplan:
J'aime... je déteste, je pense que ça peut parler à tout le monde, j'invente rien et aussi Des toutes petites choses par ce qu'elle est très fédératrice. Et A la fenêtre, parce que c'est une chanson pleine d'espoir, l'énergie du désespoir, c'est l'optimisme du dernier recours.

On voit beaucoup de duo an ce moment dans la musique française, ça ne vous tente pas ?:
Jil Caplan:
Si pourquoi pas ! Mais c'est vrai que je ne fais pas partie d'une famille de la musique française autour de Vincent Delerm, ni de la musique variété avec Zazie ou Florent Pagny, je ne suis pas non plus dans le côté rock avec Noir Désir. Je ne sais pas trop où je suis !

Avec Feist ?:
Jil Caplan:
Ah oui, j'adore ce qu'elle fait, elle s'exprime, elle a une personnalité très libre... qui est très expressive, je suis très admirative de cette liberté de ton et c'est bien ce qu'elle fait en plus!

Des futurs dates de tournée prévues ?:
Jil Caplan:
Oui, en Octobre à Paris le 11 et 12 à L'Européen et puis ensuite en tournée. Avec l'album précédent, j'ai pas mal de dates, je suis même allée en Birmanie ! Le public est toujours là. Ça se rajeunit un peu avec le temps...

J'ai vu sur My Space que tu recherchais des artistes ?:
Jil Caplan:
Oui j'aimerais bien une musicienne qui joue plein de choses ! C'est comme une audition, My Space est un vivier de musicien. Sinon on voit toujours les même musiciens, donc je suis sûre qu'on peut trouver de jeunes talents, des jeunes filles, des jeunes types qui jouent très bien.

Des paroliers ?:
Jil Caplan:
Ah non ça, ça n'est pas pour moi ! (rires) Ah non, j'adore trop ça ! Je reçois plein de demandes de paroles, des gens qui me disent qu'ils ont écrit des textes pour moi. C'est gentil !

Peut-être écrire pour d'autres artistes ? :
Jil Caplan:
Oui, c'est possible, mais c'est compliqué ! Mais pourquoi pas ? Il faudrait qu'il y est le plaisir pur, l'écriture est un vrai moment de plaisir surtout qu'on a l'impression d'écrire quelque chose qui vous plaît à ce moment là, on est trop bien, on frétille. On y trouve une émotion très forte et donc s'il y a quelqu'un qui me dit 'je voudrais que tu parles de cela et pas de ça etc...' Peut-être que je pourrais le faire, mais je n'ai jamais essayé, à voir !

Un dernier mot Jil Caplan pour Actustar ?:
Jil Caplan:
Les gens qui veulent s'acheter le disque, le meilleur moyen d'avoir les meilleures sensations c'est de l'écouter très fort, au casque ou dans sa voiture à fond, ça marche toujours, se laisser porter par la vague...

Merci Jil Caplan

A.S.

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