Depuis dix ans, et cela se confirme à chaque tournée, Mass Hysteria est la référence scénique en matière de rock énervé mais festif. Après une tournée interminable à la fois fiévreuse et dangereuse, qui a presque entraîné la séparation du groupe, Mass Hysteria nous livre un nouvel album Une Somme de détails, un opus sincère et exemplaire devant lequel on ne peut que s'incliner. Actustar a eu le privilège de rencontrer Mouss et Stephan, deux membres des Mass Hysteria, lors du festival Solidays, les rockeurs nous ont confié leurs sentiments sur le festival et ont parlé de leur musique.
Comment abordez-vous ce concert du festival Solidays ?
Mouss des Mass Hysteria : C'est toujours bien organisé, on est bien accueilli, les meilleures conditions sont réunies. On se concentre essentiellement sur la prestation, on y pense, on réfléchit et on l'optimise. C'est du bonheur, tout est fait pour que ça se passe bien. Les festivals, c'est que du bonheur ! On n'en a jamais vécu un de façon catastrophique.
Stephan des Mass Hysteria : En plus, c'est cool, parce que tu ne fais pas un concert de masse mais tu te retrouves sur une affiche où il y a une multitude de groupes. Ça change des concerts où tu es en tête d'affiche et durant lesquels tu dois convaincre le public présent !
Comment réagissez-vous devant un public qui n'est pas forcément le vôtre ?
Stephan : C'est un challenge justement !
Mouss : Oui, il y a les gens qui nous connaissent et il y a les curieux qui ont peut-être entendu parler de nous et pensent que c'est du pur métal...
Stephan : Du métal, ça leur fait peur...
Mouss : Alors, c'est peut-être pour eux le moment de nous découvrir sur scène. Parce que pour certains, l'image du groupe est celle d'une musique dure et violente. Et c'est tout l'inverse en fait. D'accord notre musique est un peu dure mais elle correspond au bruit de fond de la vie, c'est violent quand même à l'extérieur ! Paris est une ville violente mais cette ville ne représente pas que ça ! Donc voilà, c'est une musique assez urbaine avec des paroles positives. Donc le festival est l'occasion pour nous de nous révéler auprès d'un public qui ne nous connaît pas et de développer une image à laquelle il ne s'attendait pas.
Allez-vous faire passer un message pendant le concert de Solidays ?
Stephan : On a préparé !
Mouss : On s'est documenté sur les actions concrètes de Solidarité Sida.
Solidays représente un divertissement ou juste un concert militant pour votre groupe ?
Stephan : Et bien, c'est un peu les deux à la fois, bien sûr, on est là pour donner du plaisir.
Mouss : Faut pas plomber non plus le concert ! Les spectateurs savent pourquoi ils viennent là ! C'est pour la bonne cause ! C'est une espèce de loisir militant. Même s'il pleut aujourd'hui, il faut que ça reste un moment joyeux !
Stephan : En fait, ce qui serait bien, c'est que Solidays n'existe plus, comme les Restos du Cœur. Ce sont des actions bienfaisantes dont le combat devrait les amener à disparaître mais elles sont encore tristement nécessaires.
Pour en revenir à votre groupe et à votre album, comment vous présenteriez-vous aux gens qui ne vous connaissent pas ?
Mouss : On fait du rock conscient et festif !
Stephan : Avec des guitares saturées, des samples, ce qui donne de la musique rythmique. Au premier abord, ça peut intimider une oreille non avertie ! Par contre, ce n'est pas du métal extrême, ni du black métal. C'est du rock d'aujourd'hui, du rock moderne !
Mouss : J'espère faire partie d'un groupe de rock et non de métal car on ne fait pas que du métal. J'aime bien le terme rock conscient et festif !
Vous avez dû entendre cette mode d'un nouveau rock, qu'en pensez-vous ?
Stephan : Justement, on a écrit une chanson à ce propos et elle est sur le dernier album !
Je voulais y venir...
Stephan : Un moment, c'était USA et maintenant c'est UK ! Ce sont des modes ! C'est très bien, nous aussi, on a fait partie d'un mouvement il y a dix ans, c'était le néométal avec Marilyn Manson. Dix ans après, ce sont des groupes de rock, avec des mèches, des pantalons super slim (rires). Nous, on était des gros bras et on avait des tatouages et là ce sont des maigres (rires).
Mouss : (rires) Nous, on était tous en baggy avec de grosses vestes à capuches. Mais je trouve que les nouveaux groupes rock américains et anglais s'en sortent bien même si je ne suis pas un fan. Tu vois les Strokes, ça ne sonne pas comme du rock violent mais c'est du rock tout de même, ça envoie et il y a une super mélodie comme Block Party, Franz Ferdinand.
Stephan : Mais je pense que ce genre de rock est mieux servi dans de petites salles.
Parlez-moi de ce morceau qui parle donc de ces nouveaux jeunes rockeurs.
Mouss : On a fait le morceau Killing the Hype, parce qu'il y a des groupes français qui ont dit que le rock français n'existait pas ! Et à 17 ou 18 ans, faut le faire ! Comme si ces jeunes ont écouté tout ce qui s'est fait en soixante ans en France ! Ils assènent tout connaître et que le rock n'existe pas ! Et en plus, ils disent faire du rock, donc ça signifie qu'ils sont les premiers à faire du rock ! C'est juste par rapport à ce genre de phrase et d'attitude qu'on voulait réagir, après que les jeunes fassent de la musique, tant mieux ! Et encore, si le gamin arrivait sur scène, se faisait des scarifications, adoptait un comportement de fou allié, le spectateur se dirait qu'il est possédé, et là waouh ! Sauf que là, les jeunes sont habillés tout serré, on a l'impression qu'ils vont à une communion, avec des guitares en plastique ! Ça sonne comme les chaussettes noires ou les chats sauvages ! (rires) Ce sont des mi-rock, ils ne sont pas méchants. Notre chanson est plus un clin d'oeil à tous ces jeunes parce que les propos nous ont choqué !
Retrouvez L'album Une Somme de détails toujours dans les bacs, et Mass Hysteria le14 Juillet 2007 à Epinay-le-Compte au festival Carrefour du rock, le 28 Juillet 2007 à Malestroits au festival Pont du rock, au stade de la Daufresne, le 16 novembre 2007 à Paris, à l'Elysée Montmartre.
A.S.




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