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Interview Léa Drucker

Le 01/08/2007 à 15h01

Enfant de la télé, Léa Drucker, la nièce de Michel Drucker et cousine de Marie Drucker semblait prédestinée à travailler pour la télévision. Que nenni, la jeune fille a décidé de faire du théâtre et de se lancer dans le cinéma. Le bac en poche, Léa Drucker court les castings et se retrouvent très vite à l'affiche de Raï avec Tabatha Cash, de Assassins de Mathieu Kassovitz ou de Bouge avec Ophélie Winter. Remarquée, Léa Drucker va gravir les marches de la réussite. Elle est nominée à plusieurs reprises pour le Molière et tourne dans les films de Cédric Klapish, Coline Serreau ou Fabien Onteniente. En quelques années, Léa Drucker est devenue une des actrices les plus courtisée. Aujourd'hui, l'actrice joue dans le film d'Olivier Plas, Tel père, Telle fille, l'adaptation de Teen Spirit, le livre à succès de la très rock’n’roll Virginie Despentes. Léa Drucker y tient le rôle d'Alice, une femme célibataire en quête d'amour, qui assure professionnellement mais qui n'arrive pas à gérer sa fille ! Retour sur l'interview accordée à Actustar.


Avez-vous lu le livre Teen Spirit de Virginie Despentes ?
Léa Drucker : Oui, je l'ai lu avant même de savoir que j'allais faire le film. J'ai adoré ce livre ! Je pense que Teen Spirit est son roman le plus tendre. Il m’a beaucoup touché.


Aviez-vous été séduite par son style d'écriture ?
Léa Drucker : J'adore Virginie Despentes, j'aime ce qu'elle dit, je la trouve très intéressante. J'ai particulièrement apprécié son dernier livre, King Kong Théorie.


Qu'avez-vous pensé de l'adaptation (ndlr : par Olivier De Plas et Bernard Jeanjean) ?
Léa Drucker : En fait, il s’est passé pas mal d'années entre ma lecture du livre et celle de l'adaptation. Du coup je n’étais pas vraiment dans la comparaison. Je l’ai trouvée tout de suite efficace et drôle.


L'univers de Virginie Despentes est très particulier. Se met-on en danger quand on rentre dans son univers ?
Léa Drucker : Au contraire, je trouve que c'est se mettre en danger que de ne pas y aller ! Le milieu que Virginie Despentes décrit dans son livre est beaucoup plus dur que celui du film. Par exemple, dans le livre, la petite va dans un concert de métal et pas dans un petit concert de rap. Le film adoucit beaucoup le livre.


Comment avez-vous abordé le rôle d'Alice ?
Léa Drucker : J’ai commencé par m’imaginer avec une fille de 13 ans (ndlr :Léa Drucker n'a pas d'enfant). Et j'ai essayé d'être une mère. J'ai pris le parti de ne pas juger le personnage et de défendre Alice, qui est une mère défaillante bouffée par ses problèmes de séduction qui prennent trop de place par rapport à son instinct maternel. C'est ce qui était intéressant dans ce personnage. On n'est pas en face d’une moralité parfaite mais au contraire d’un parcours accidenté de mère.


C'est délicat de jouer une femme prise par sa carrière professionnelle mais qui n'arrive pas à assumer son enfant ?
Léa Drucker : Oui, en plus n’étant pas mère de famille, je ne sais pas ce que sait ! Mais je me suis inspirée de mon entourage et de ce que j'ai vécu avec ma mère. Je ne peux pas critiquer le personnage d'Alice car je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est bien qu'une femme travaille. Moi, je ne lui jette pas la pierre, c'est le prix à payer aujourd'hui dans notre société quand on élève seule un enfant. Maintenant les femmes travaillent autant que les hommes, même si elles gagnent moins ! Je connais aussi des mères qui ont été des mères de famille parfaites et qui ont sacrifié leur vie et ce n'est pas bien non plus. C'est difficile d'être parent ! Le film en parle très bien mais d'une autre manière, par le biais de la comédie.


Racontez-nous le tournage avec Daisy Broom alias Nancy ?
Léa Drucker : C'était super ! Daisy Broom est une gamine. Pardon, c'est une ado ! Et même une jeune fille très douée... Au départ elle n'était pas actrice, elle a beaucoup travaillé pour le rôle. Daisy est vraie et authentique, elle n'est pas dans la séduction. Dans la vie, Daisy est une fille très intrigante. Elle a énormément de caractère, elle aime le clash. Elle a son look comme Nancy sauf qu'elle n'aime pas la même musique sur laquelle elle devait danser ! Daisy est une fille de 13 ans attachante, c'était très intimidant de jouer avec elle, ça met la barre très haut !


Comment avez-vous géré ce challenge ?
Léa Drucker : J'ai essayé d'être une éponge, d'être aussi vrai que Daisy. Lorsque je jouais sa mère, je me disais dans ma tête : c'est ma fille ! Je me suis inspirée à 100% de ma mère et de ses envolées lyriques !


Vincent Elbaz et Elodie Bouchez sont deux acteurs très rock comparés à vous ? Auriez-vous pu jouer le rôle d'Elodie Bouchez ?
Léa Drucker : Je pense que oui ! Elodie est parfaite dans son rôle mais avec moi ça aurait été autre chose, je l'aurais exprimé à ma manière. Elodie a une douceur et pas une fragilité, une certaine tendresse que je n’ai peut-être pas au premier abord. Je suppose que le réalisateur a choisi Elodie Bouchez pour cela. Mais ce qui est intéressant dans la comédie, c'est que les rôles sont complètement inter-changeables. Je ne vois pas ce qui m'aurait empêché de jouer ce rôle !


Vous avez donc raté les scènes d'amour avec Vincent Elbaz ?
Léa Drucker : Oui !(rires) Il est beau et très charismatique et il est surtout très drôle ! En plus, c'est un acteur génial, j'ai déjà fait plein de films avec lui. Vincent Elbaz est très inventif, c'est un acteur que j'aime énormément, il est complètement fou, il prend des risques. Et c'est pas du tout par amitié que je dis cela d'ailleurs. Je ne le vois que quand je travaille avec lui.


Vous étiez comment plus jeune, aussi terrible que Daisy ?
Léa Drucker : J'étais fan de rock français dans les années 80. J'écoutais les Stones, les Beatles, j'allais voir Iggy Pop en concert. Mais mon groupe préféré, c'était Le cri de la mouche ! J'étais amoureuse du chanteur. C'est sûrement pour cela que j'aime l'univers de Virginie Despentes. Je m'y retrouve complètement ! Elle a pas mal écumé les concerts de rock, comme moi.


Vous étiez aussi fan que les fans de Tokio Hotel ?
Léa Drucker : Non, non, les Tokio Hotel, c'est un boys-band ! Ils sont mignons, ils ont un look sympa mais j'ai passé l'âge de succomber à ces choses là ! Les Tokio Hotel c'est un peu comme les Backstreet Boys à mon époque. Je n’ai jamais été branché par les boys-band.


Les rumeurs disent que vous allez bientôt entamer le tournage de C'est l'histoire d'un mec, pouvez-vous nous en dire plus ?
Léa Drucker : C'est un film d'Antoine de Caunes. On a rien commencé pour le moment. Le film est juste en préparation. Ce film raconte la campagne électorale de Coluche. J'interpréterai sa femme, Véronique.

A.S.

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