En l'espace de 10 ans et 6 films, le réalisateur hongkongais, Wong Kar-Wai, s'est imposé comme l'un des cinéastes contemporains les plus novateurs et les plus modernes à travers le monde. Si l'Europe l'a découvert en 1993 avec les sorties simultanées de Days of being wild (Nos années sauvages - 1990) et Chunking express (1993), c'est bien en 1988 qu'il a commencé sa carrière de cinéaste.
Wong Kar-Wai est né en 1958 à Shanghai. C'est en 1964 qu'il part s'installer avec ses parents à Hong-Kong. Après le lycée, il s'oriente vers des études d'arts plastiques et graphiques. Diplômé en conception graphique en 1980, il fait ses premiers pas à la télévision comme assistant de production sur des séries, puis signe quelques scénarios pour la télévision puis le cinéma. Deux ans plus tard, il quitte la chaîne de télévision TVB et devient scénariste à part entière. Il travaille avec de très bons réalisateurs hongkongais. Jusqu'en 1988, il écrit plus de dix scénarios de films, d'une grande variété de genre allant de la comédie au drame en passant par le wu xia-pan (film de sabre chinois). Celui qu'il a écrit pour le film The Last Victory (1986), mis en scène par Patrick Tam, déjà auteur du très beau The sword) reste pour lui son meilleur scénario.
Il réalise son premier film en 1988 As Tears Go By, avec la très belle Maggie Cheung. Le film, toujours inédit en France (on peut cependant le trouver en vidéo) pose les jalons de ce qui sera un des cinémas les plus modernes de ces quinze dernières années.
En 1990, Wong Kar-Wai rassemble les acteurs les plus populaires de Hong-Kong : le très beau et talentueux Leslie Cheung et Maggie Cheung, pour tourner le film Days Of Being Wild une histoire nostalgique qui se passe dans les années 60 et qui devait comporter 2 parties. Le film a d'ailleurs reçu 5 prix au festival du film de Hong-Kong, parmi lesquels ceux du meilleur film, de la meilleure mise en scène et du meilleur acteur (pour Leslie Cheung). Le public n'a pas vraiment suivi la critique et le film s'est révélé être un échec commercial. Il va sans dire que l'on voit rarement d'aussi beaux films dans les années 90 et que Wong Kar-Wai est avec Takeshi Kitano le cinéaste asiatique le plus important de la décennie.
Trois ans plus tard, il réalisa Chunking express, pour beaucoup son meilleur film et affirme un peu plus son modernisme et ses talents de metteur en scène. Il est vain de prétendre que le film est superbe (tous les films de Wong Kar-Wai le sont); il serait par contre intéressant de s'interroger sur le soudain intérêt de la France et de l'occident pour le cinéma asiatique moderne, alors que la production occidentale est de plus en plus pauvre (artistiquement). On ne prend pas beaucoup de risque en disant que le cinéma asiatique est, de loin, celui qui a le plus innové au cours des quinze dernières années et que, de plus en plus, ces auteurs ont une influence sur le cinéma d'Europe et des États-Unis.
Avant de tourner Fallen angels (Les anges déchus) en 1995, Wong Kar-Wai s'est replongé dans le wu xia-pan avec la réalisation de Ashes of time (Les cendres du temps) avec, encore une fois, Leslie Cheung et Maggie Cheung. Il décline le genre sur un tempo onirique et avec une des plus belles photographies du monde. Le résultat est très surprenant.
En 1997, il part pour Buenos Aires pour réaliser un très beau film d'amour en forme de road-movie, Happy together, toujours avec Leslie Cheung, aux côtés cette fois de Tony Leung. Notons que ce dernier a remporté le prix d'interprétation masculine au dernier festival de Cannes (édition 2000) pour sa prestation dans le dernier film du réalisateur, In the mood for love (2000) que l'on devrait voir sur les écrans français à l'automne prochain.










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