Né le 19 juillet 1973 à Kaliningrad en Russie, Dimitri Karbanenko a commencé la gym à l'âge de 5 ans, quand son frère Alexeï l'a présenté au gymnase.
Déjà très doué en junior, il termine 9ème aux championnats d'Europe en 92. En 93, Dimitri Karbanenko a 20 ans quand il remplace au pied levé le meilleur gymnaste russe à Bruxelles, il y remporte la coupe d'Europe. Sur les traces des grands champions de l'ex URSS, il s'entraînait alors au centre de Lac Rond, à 40 km de Moscou. Mais en 95, le centre de haut niveau ne renvoie déjà plus que l'image d'une Russie en décomposition, un pays où l'on reste souvent par obligation, plus que par envie. En 1995, il déclare ainsi : "Non je ne suis pas patriote, si je reste en Russie c'est simplement en attendant les championnats du monde et les Jeux d'Atlanta. Après je crois que je ne resterai pas longtemps ici".
A cette époque, son corps est encore russe, mais son coeur déjà français, car il est amoureux d'une Cannoise. Il se marie peu après avec Astrid, qu'il a rencontrée à Moscou alors qu'elle travaillait pour la télévision française. Dès lors, Dimitry commence à partager son temps entre la Russie et la France.
Cependant, il connaît quelques problèmes avec sa fédération alors qu'il est de retour à plein temps au centre de Moscou en vue d'intégrer l'équipe de Russie pour les J.O. d'Atlanta et Leonid Arkayev, l'entraîneur tout puissant, le renvoie de l'équipe juste avant les jeux, sans même une explication.
Au J.O. d'Atlanta, l'équipe russe remporte le concours par équipe. De quoi accentuer un peu plus les regrets d'un Karbanenko qui quelques semaines seulement avant les Jeux du centenaire était considéré comme l'une des pièces maîtresses de ce collectif.
Fin du premier épisode, Dimitri change de nationalité. En 1997, il rejoint centre national français à Antibes où il est désormais entraîné par Marc Touchais. Il remporte de suite le titre individuel au sol, au saut et au concours général lors des championnats de France. A Lausanne, en septembre 97, c'est sous les couleurs de la France que le gymnaste rebondit pour devenir vice-champion du monde au sol, et terminer à la 4ème place au général. Dix-neuf années de travail, souvent jusqu'à épuisement, pour remporter enfin une médaille mondiale.
En 1998, aux championnats d'Europe qui se déroulent à St Petersbourg, en Russie, Dimitri et ses coéquipiers français battent l'équipe russe et enlèvent la médaille d'or au concours par équipe. Il obtient également une superbe médaille d'argent au général dans son pays natal, tout un symbole.
Depuis Dimitri enchaîne les places d'honneur, mais rêve de briller sous les couleurs françaises à Sydney pour oublier sa non-sélection aux Jeux d'Atlanta et vivre un rêve qui s'est brisé en Russie.



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