C’est l’histoire d’un belge qui veut faire du rap, mais son père est commissaire de police. Une drôle d’histoire qui commence comme une histoire drôle : celle de James Deano, rappeur belge et initiateur du "rap de classe moyenne".
Fils des quartiers populaires de Bruxelles et d’un commissaire de police, le petit James vit une enfance turbulente, jusqu’au jour où le décès d’un oncle inventeur fait hériter sa famille d’une somme rondelette.
D’office, James déménage dans les quartiers bourgeois de la capitale, et se fait son propre remake du Prince de Bel-air, version gare de Waterloo. Changement radical de train de vie : il découvre l’aisance, mais aussi l’ennoui, les joints, la guitare et, surtout, le rap. Ses voisins lui prêtent des cassettes de 2 Bal 2 Neg, Time Bomb, Rocca de la Cliqua, qui lui donnent le goût de la rime assassine. Sa voie est tracée : tous les soirs, il retrouve ses potes dans le parc près de l’école, pour des sessions freestyle autour du banc. Avec eux, il crée le groupe Profil Bas, avant que son style hors normes ne le pousse à suivre son propre chemin en solo.
Kid Creme et Junior Jack, piliers de la scène House internationale, tombent sous le charme de ses textes délirants et lui ouvrent les portes de leurs studios d’enregistrement. Chaud comme une baraque à frites, James s’empresse de quitter le foyer familial pour se consacrer à sa passion.
Pour survivre, le jeune MC alterne alors magouilles foireuses et petits boulots. Dans le stock des entrepôts, Deano le magasinier fait des cartons en espérant en faire un dans la musique. Avec l’aide de son manager et la revente de quelques "mopettes" volées, Deano écume les scènes rap et slam et sort tant bien que mal son premier maxi.
Le succès est immédiat : avec Branleur de Service, hymne aux plaisirs solitaires, James devient le chouchou de Bruxelles. Les médias s’emparent du phénomène, tandis que les professionnels l’adoubent prince du rap belge ; lors du concours national Musique à la Française de 2005, il remporte huit des seize récompenses. Une performance qui tape dans l'oeil du label français Because Music, qui lui propose de sortir son premier album.
Sa réaction ? "Venir faire du rap comique en France quand on est Belge et fils de flic, c’est comme jouer à la roulette russe avec 5 balles dans le barillet." Mais Deano s’attelle à l’écriture de son album. Dans Le Fils du Commissaire, l’introspection côtoie la fiction délirante. Et comme dans toute bonne histoire belge, derrière l’ironie et la dérision, on découvre une vraie profondeur et un regard sans concessions sur la société (Esclaves du système, Dans ma rue …). Car au fond, l’humour acide du Fils du Commissaire ou des Blancs ne savent pas danser ne fait que révéler les stéréotypes contre lesquels James a dû lutter depuis le début, blague à part. Ou plutôt farce dans le coin, comme on dit chez lui.




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