Steven Soderbergh est né en 1963 en Georgie. Il fait partie de ses artistes dont on dit qu'ils ont toujours voulu être cinéaste, écrivain, peintre ou photographe. En effet, à l'âge de 13 ans son père l'inscrit dans un atelier d'animation de l'Université de Louisiane. Le jeune Soderbergh se découvre des talents pour le dessin, mais s'ennuie assez vite et préfère se tourner vers la caméra. Il change alors de département pour intégrer la section Super 8. Il apprend à manier une caméra, les bases du montage etc
De 1977 à 1979 (il débute à 14 ans !), il réalise quatre courts-métrages plus ou moins expérimentaux, dont Janitor en 1978. Il change de technique à chaque fois, passant du noir et blanc à la couleur ; il réalise aussi des montages d'images d'archives. Déjà, on pressent le caractère polymorphe (tant dans la forme que dans le fond) de sa future filmographie. En 1983, il part pour Los Angeles et est embauché comme homme à tout faire sur la chaîne NBC pour l'émission Games people play. Voyant que cela ne le mène nulle part, il quitte la cité des anges et retourne à Bâton-Rouge pour écrire. En 1985, il rencontre Ann Dollard, un agent qui le convainc de poursuivre dans cette voie. Parallèlement, il réalise son sixième court-métrage, Winton (1986)
Puis, à nouveau, en 1987, il vend tout ce qui appartient et retourne en Californie. C'est sur le trajet Bâton-Rouge-Los Angeles, qu'il rédige une première version du script de Sex, lies and videotapes (Sexe, mensonge et video). Un producteur lui permet de réaliser le film. Tout se passe alors très vite, puisque au festival de Cannes en 1989, Steven Soderbergh reçoit sa première palme d'or pour son premier long-métrage. Après huit années d'attente, sa carrière dans le cinéma est enfin lancée. Dès lors, plusieurs producteurs s'intéressent au jeune prodige, mais ce dernier veut rester éloigné du circuit hollywoodien.
Ce qu'il y a de très curieux chez cet auteur, c'est la diversité de son uvre. Pour son second film, il part pour Prague tourner un film assez mystérieux sur Kafka (qui habitait à Prague) intitulé tout simplement Kafka (1991). Tourné en noir et blanc et en couleur, le film connaît un certain succès, mais déroute un peu la critique qui ne retrouve pas le Soderbergh voyeur et intimiste de la Palme d'or. Reste que le film est une réussite.
Ses quatre films suivants sont des échecs commerciaux. Cela tient notamment au fait que Steven Soderbergh veut travailler avec un maximum de liberté ce qui impose une certaine marginalisation dans le monde du cinéma américain. The king of the hill est une adaptation d'un roman d'A.E. Hotchner. En 1995, la critique et le public passent complètement à côté d'Underneath, remake du somptueux Criss Cross (1948) de Robert Siodmak. C'est un polar très intéressant, l'ambiance inquiétante de la mise en scène et la photographie sont très réussies. L'année suivante il réalise un film quasi expérimental ; il lui donne le très beau titre Schizopolis. C'est un film complètement abstrait, toujours aussi intéressant du point de vue la mise en scène (qui change de film en film avec Soderbergh).
Il devra attendre 1998 et un film de commande pour connaître à nouveau le succès. Il s'agit bien sûr d'Out of sight (Hors d'atteinte) avec George Clooney, Jennifer Lopez et Ving Rhames. Le film est une adaptation du roman d'Elmore Leonard et on retrouve tout à fait l'ambiance de ses romans et ses personnages sympathiques dans cette comédie/polar. L'année suivante, il réalise un petit chef-d'uvre, le très beau The Limey (L'Anglais 1999) avec Terence Stamp et Peter Fonda, aussi exceptionnels l'un que l'autre.
Cette année, il a explosé son record au box-office avec le très sympathique Erin Brockovitch. Il offre, par la même occasion, le meilleur rôle de sa carrière à Julia Roberts dont on commence à croire avec ce film qu'elle est véritablement une comédienne.









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