Son physique androgyne et translucide lui confère une place assez particulière dans le cinéma américain contemporain. Eternelle adolescente fébrile et maladivement mature, Winona Ryder est l'alter ego féminin de Johnny Depp (avec qui elle a vécu). Ils sont aussi fragiles l'un que l'autre, et semblent tellement hors du temps qu'on ne peut plus les voir (penser) comme comédiens, mais uniquement comme des corps inhérents à l'image. Johnny Depp et Winona Ryder sont les incarnations modernes du corps cinématographique. Il a joué avec les plus grands dès son plus jeune âge. Et elle ? Alors qu'elle n'avait pas encore 23 ans, Winona Ryder avait déjà eu le temps de séduire Jim Jarmusch, Tim Burton, Martin Scorsese et Francis Ford Coppola !
Née, Winona Laura Horowitz le 29 octobre 1971 dans une petite commune appelée Winona (!), près de Minneapolis dans le Minnesota, Winona Ryder passe son enfance en Californie. A l'école, elle est le vilain petit canard à cause de son physique chétif et androgyne. Après avoir habité plusieurs années à San Francisco, ses parents partent pour Petaluma (toujours en Californie du Nord) où elle s'inscrit à la Petaluma High School avant d'intégrer l'American Conservatory Theatre à San Francisco.
Elle débute sa carrière très tôt, en 1986, avec Lucas de David Seltzer. Puis, après une apparition dans l'insignifiant Square Dare de Daniel Petrie (1987), elle obtient son premier grand rôle avec Tim Burton. Elle a 16 ans, elle une adolescente glauque et déprimée, habillée de noir et quand elle se rend au casting et tombe sur un autre vilain petit canard solitaire, le jeune Tim Burton qui auditionne pour son second film, Beetljuice (1988). Après une longue discussion, il l'embauche pour jouer un rôle de composition aux côtés de Michael Keaton (qui nous offre une époustouflante prestation dans personnage de Beetljuice, fantôme clochardisé, grossier et subversif), Geena Davis et Alec Baldwin.
L'année suivante, elle joue dans 1969 d'Ernest Thompson puis dans le très curieux Great balls of fire de Jim McBride hagiographie de Jerry Lee Lewis, interprété par un surprenant Dennis Quaid. Film pathologique s'il en est, Great balls of fire s'appuie comme rarement sur la personnalité des deux comédiens et Winona Ryder sait déjà jouer l'adolescente américaine mal dans sa peau comme une femme de 30 ans l'aurait fait, c'est-à-dire avec tout le recul qu'il paraît impossible d'avoir à son âge. En 1990, alors qu'elle vit avec Johnny Depp, Tim Burton, fort du grand succès de Batman, leur propose d'incarner les deux personnages principaux dans son nouveau film, Edward aux mains d'argent. Johnny Depp est (évidemment) magnifique dans ce rôle taillé sur mesure, et Winona Ryder ne peut s'empêcher de jouer à merveille l'admiration (à tous les niveaux) dans un nouveau personnage d'adolescente qui tente de s'émanciper dans une société caricaturalement sclérosée.
En 1991, elle rencontre Jim Jarmusch qui souhaite qu'elle participe à son nouveau projet, Night on earth, un film à sketches qui a la particularité de se dérouler chaque fois dans un taxi. Winona Ryder joue aux côtés de la grande Gena Rowlands. Ce sketch est le mieux réussi des quatre. Quelques mois plus tard, après être tombé sur le scénario de Dracula, elle le propose à Francis Ford Coppola qui accepte de le tourner. Elle fait évidemment partie du casting avec Gary Oldman, Keanu Reeves, et Antony Hopkins. Elle est plus belle que jamais, mais le film est un échec commercial.
En 1993, elle rejoint les rangs de The age of innocence de Martin Scorsese. Elle y retrouve Daniel Day Lewis et la très belle Michelle Pfeiffer. Là encore il ne s'agit pas du meilleur film de Scorsese, mais une fois de plus, elle a pu travailler avec un des rares grands cinéastes vivants et démontrer (mais cela devient superflu) qu'elle est une grande actrice. Après plusieurs films plus ou moins intéressants, on la retrouve en Lady Anne (et en Winona Ryder) dans le premier film d'Al Pacino, Looking for Richard (1996). Les costumes lui vont décidément très bien et on la sent tout à fait à l'aise au milieu de tous ces comédiens de cette génération qui n'est pas la sienne.
En 1997, elle accepte le rôle que lui propose Jean-Pierre Jeunet dans la troisième suite d'Alien (Alien la résurrection). La confrontation entre Sigourney Weaver et Winona Ryder y est assez intéressante. Bien que cette dernière n'ait pas du tout le physique pour jouer dans un film d'action (contrairement à la puissante Sigourney Weaver), son rôle de cyborg, ce personnage qui se décompose physiquement, qui sert de modem (modulateur-démodulateur) entre les hommes et la machine démiurgique, renvoie curieusement à la personnalité même de l'actrice, sorte de prototype vivant du cinéma, truchement nécessaire entre la poésie iconographique et le spectateur.
Un passage éclair en 1998 chez Woody Allen dans Celebrity, dans lequel on peut dire qu'elle est la seule attraction du film. Deux ans plus tard, dans Girl, interrupted (Une vie volée) de James Mangold (auteur singulier de deux bons films, Heavy et Copland), elle joue à nouveau la maladie (psychologique) aux côtés d'Angelina Jolie et de Vanessa Redgrave.









Qui veut gagner des millions ?
Fort Boyard
Louis la brocante
Gone baby gone
Bones
MIDI-Festival
commentaires
en passant le 04/08/2008 02:20:01
bonne bio, mais il est inexact d'écrire qu'elle a un physique androgyne, vu qu'elle fait du 36 et bonnets C+...