Grande gueule du cinéma américain, Gene Hackman aime bien rester à l'écart du petit monde hollywoodien dont il est une des grandes figures vivantes. Il fait partie de cette brillante génération, celle qui a connu la seconde guerre mondiale, qui a apporté beaucoup au cinéma. On pense naturellement à l'immense James Coburn et à son ami Clint Eastwood. Mais Gene Hackman a commencé beaucoup plus tard qu'eux.
Né le 30 janvier 1930 à San Bernardino (Californie), Gene Hackman décide de quitter le collège et le giron familial à l'âge de 16 ans pour "apprendre la vie". Il est alors persuadé que l'expérience s'acquiert dans la rue (et les livres) en bourlinguant à droite et à gauche. Il s'engage donc chez les Marines, mais l'armée ne le satisfait pas. A son retour, il occupe différents petits jobs et avale toute la littérature de Mark Twain, Stevenson, Joseph Conrad et bien sûr, Ernest Hemingway. Il entre ensuite à l'Université de l'Illinois pour étudier le journalisme et la production à la télévision, puis il intègre la School of Radio technique à New York. Il continue malgré tout de travailler pour payer ses études.
C'est seulement à l'âge de 30 ans qu'il décide d'essayer d'être acteur. Il s'inscrit à la Pasadena Playhouse pour apprendre le métier de comédien ; il est beaucoup plus vieux que les autres étudiants, mais s'en sort plutôt bien. En 1964, il tourne dans son premier film, Lilith de Robert Rossen. Trois ans plus tard, il connaît la consécration aux côtés de Warren Beatty et de Faye Dunaway dans le désormais culte Bonnie and Clyde d'Arthur Penn (avec qui il fera deux autres films). On sent déjà pointer son goût pour les rôles de durs et de personnages sadiques. Dès lors, il va connaître son " âge d'or" du cinéma (de 1967 à 1975) tant il sait bien s'adapter à cette fabuleuse période de l'histoire du cinéma et travailler avec les meilleurs réalisateurs.
Il tourne avec Christian Nyby, John Sturges, John Frankenheimer C'est aussi lui qui obtient le rôle de Popeye Doyle dans French connection de William Friedkin en 1971. Deux ans plus tard, il enchaîne deux chefs-d'uvre : le magnifique Scarecrow (L'Epouvantail) de Jerry Schatzberg en 1973, dont il partage l'affiche avec le tout jeune Al Pacino, et le sublime The conversation (Conversation secrète de Francis Ford Coppola) l'année suivante. Notons que les deux films reçoivent la palme d'or respectivement en 1973 et 1974.
Il continue de tourner pour de grands réalisateurs : Richard Brooks (La chevauchée sauvage), Arthur Penn (La fugue), Stanley Kramer (La théorie des dominos), John Frankenheimer (French connection 2) En 1978, il signe un contrat pour jouer dans le Superman de Richard Donner avec Christopher Reeves . C'est lui qui joue (à merveille) le méchant dans ce film dont il dira lui-même que "c'est une merde" qu'il a accepté de tourner uniquement pour le cachet. Comme pour beaucoup d'acteurs, les années 80 sont synonymes de misère cinématographique. Il joue avec des réalisateurs très "fatigués" comme Sidney Lumet, Sidney J. Furie ou Roger Donaldson. A noter quand même sa très bonne prestation dans Mississipi burning d'Alan Parker où il prend à malin plaisir à tout mettre en uvre pour coincer une bande du Ku Klux Klan, responsable de plusieurs meurtres dans une petite ville du Mississipi.
Les années 90 commencent en beauté avec le somptueux Unforgiven (Impitoyable) de Clint Eastwood. Il y joue un des plus beaux salopards du cinéma, un shérif, petit potentat local qui fait jouer le fouet et la corde pour se faire respecter. Il retrouvera un peu le même rôle trois ans plus tard dans le western de Sam Raimi, The quick and the dead, aux côtés de Sharon Stone et de Russell Crowe. Après quelques films insipides qu'il a tout de même marqués de son empreinte (U.S.S. Alabama de Tony Scott, Mesures d'urgence de Michael Apted ) il travaille à nouveau pour Clint Eastwood qui lui demande d'interpréter le rôle du président des Etats-Unis responsable du meurtre de sa maîtresse dans Absolute power (Les pleins pouvoirs) en 1997. Il était la seule attraction du dernier film de Tony Scott, Ennemi d'Etat et il en sera sûrement de même dans Under suspicion, le remake de Garde à vue de Claude Miller.
Gene Hackman vit aujourd'hui avec sa femme à Santa Fé, où il a écrit son récent roman d'aventures, The wake of the Perdido stars.




Inspecteur La Bavure
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